SAEN : Réformite et réformettes, réformes mal embouchées ... - 8/2022

SAEN : Réformite et réformettes, réformes mal  embouchées ...

« Le monde change, et avec lui les hommes et la France elle-même. Seul l’enseignement français n’a pas encore changé. Cela revient à dire qu’on apprend aux  enfants de ce pays à vivre et à penser  dans un monde déjà disparu. » 

( Albert Camus )

 

Personne ne peut l’ignorer, d’autant moins avec les crises qui secouent notre société, tout change, et vite en plus. Je ne sais pas ce qu’Albert Camus aurait pensé de notre époque, mais sa réflexion sonne de manière très actuelle dans notre école bien suisse, même si beaucoup de chemin y a déjà été parcouru.

 

Dans notre canton, une pluie de changements importants sont en cours, à tous les niveaux de l’école obligatoire et post-obligatoire. Le SAEN en fait part à ses membres, régulièrement, dans ses Flash Info.

 

Cette rentrée scolaire foisonne donc de rencontres de préparation et de réflexion autour de projets ambitieux, nécessaires, mais souvent ... effrayants pour les acteur·trices du terrain. En effet, changer veut dire s’exposer, se remettre en question, chercher et trouver de nouvelles solutions et habitudes, collaborer avec ses collègues et sa direction. Cela signifie aussi assumer l’entier de la charge actuelle de sa classe et de son collège, tout en préparant un nouveau fonctionnement. Or, tout ce temps, toute cette énergie, où et comment les trouver, si le quotidien est déjà perçu comme harassant et à la limite du supportable ?

 

Réformer l’école devrait enthousiasmer le corps enseignant. Se permettre de rêver d’une école plus juste, accueillante, fleurant bon la vie, les rires, le plaisir d’apprendre et de découvrir. Cela devrait électriser tous·tes les adultes qui font l’école, susciter des discussions passionnées, des envies, des idées un peu folles, de la légèreté ...

 

Malheureusement, c’est plutôt le contraire que l’on constate. Pour quelles raisons ? Parce que, trop souvent, on tente d’imposer ces réformes sans s’en donner le temps et les moyens, sans convaincre et motiver d’abord celles et ceux qui devront les concrétiser. Tomber dans ce piège, comme on l’a fait trop souvent dans notre canton, c’est provoquer de l’incompréhension, de la fatigue, de l’irritation, de la frustration, des sentiments de rejet et, in fine, de l’épuisement …

 

Quelques exemples ?

 

Après de longues négociations, les syndicats avaient accepté qu’une mention de 1’800 heures de travail ( total annualisé ) figure dans le RSten, ceci parce que le pensum d’un·e enseignant·e est bien aussi prenant que la charge de travail usuelle des fonctionnaires. Mais dans certaines écoles, la direction en profite maintenant pour insinuer qu’en fait, les enseignant·es ne travaillent pas assez, puisque de nombreuses heures de travail ne se voient pas, étant accomplies en dehors de la classe.

 

Au secondaire I, après une longue rénovation des pratiques due à la disparition des filières, nécessitant un énorme travail d’adaptation et de formations individuelles, on impose aux enseignant·es une formation en évaluation EDASCOL aux contours mal définis et aux intentions peu claires, provoquant de très nombreuses réactions négatives. Aux cycles 1 et 2, le projet d’enseignement en immersion PRIMA a été mené jusqu’ici ( non sans difficultés toutefois ) par un certain nombre d’enseignant·es motivé·es, volontaires et compétent·es. Les résultats de cette belle expérience sont encourageants. Problème : les autorités cherchent maintenant à étendre «par la force» ce projet à de nombreuses autres classes, alors que le réservoir de personnes bilingues est ( presque ) totalement épuisé. On s’échine alors à vouloir pervertir le projet en obligeant des personnes non bilingues à se former ( au rabais ) pour tenter d’enseigner en immersion. Idée anti-pédagogique et néfaste, laquelle ne peut que faire couler un projet magnifique. Inacceptable !

 

Oui, il faut adapter l’école à notre époque et la faire évoluer. Toutefois, les changements ne doivent pas être « imposés par la hiérarchie », mais « construits avec la base ». C’est la seule manière de faire évoluer positivement notre école. Le SAEN s’y engage résolument, et vous invite à soutenir son action en vous y impliquant vous aussi. 

 

Pierre-Alain Porret, président du SAEN

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