SPG: Qui veut la peau de l’OMP ? - 8/2021

SPG: Qui veut la peau de l’OMP ?

Le manque de moyens et la gestion problématique de l’Office médico-pédagogique ont souvent été dénoncés. L’Assemblée du personnel a voté début septembre le lancement d’une pétition pour demander, entre autres, la mise en place d’un suivi de la direction générale.

 

 

Lors de sa conférence de presse de rentrée du 24 aout 2021, la conseillère d’État chargée du Département de l’instruction publique ( DIP ) s’est voulue rassurante. Afin de démontrer le peu d’impact de la pandémie sur les apprentissages des élèves, elle a présenté leurs résultats de fin d’année en indiquant qu’il n’y avait pas de différence significative avec les années précédentes. Malheureusement, comme nous le savons, les notes ne donnent aucune information sur les compétences acquises par les élèves et ne peuvent donc être comparées d’une année à l’autre, les enseignant·es adaptant évidemment leurs évaluations au programme effectivement couvert lors de l’année. Ainsi, contrairement à la conseillère d’État, nous sommes inquièt·es pour les élèves genevois·es et particulièrement pour les plus fragiles.

 

Hausse des besoins et moyens insuffisants

 

La conseillère d’État relève d’ailleurs que l’Office médico-pédagogique ( OMP ) fait face à une forte augmentation des demandes qui ne peut s’expliquer par la simple inflation démographique. Sur le terrain ( dans les écoles et les différentes structures de l’OMP ), faute de moyens suffisants, cette augmentation des demandes se traduit par une baisse des heures de soutien accordées aux élèves dans le cadre, par exemple, des prestations de soutien pédagogique en enseignement spécialisé ( SPES ). La SPG dénonce depuis des années ces mesures de saupoudrage qui s’amenuisent progressivement et les difficultés croissantes de prise en charge des élèves à besoins spécifiques dans des classes du primaire dont les effectifs augmentent chaque année.

L’enseignement spécialisé manque donc cruellement de moyens, malgré l’augmentation de postes accordée en 2021 pour faire progresser la politique publique d’une école vraiment inclusive à Genève. De fait, l’OMP, responsable de la mise en œuvre de l’accès à cette prise en charge, se situant en bout de chaine de l’attribution des ressources, se voit sans cesse dans l’obligation de réorganiser ses prestations dans la précipitation et ce, le plus souvent, sans concertation du personnel.

 

Direction problématique et inquiétudes sur la situation du personnel

 

De plus, la SPG déplore une direction générale de l’OMP déconnectée des réalités du terrain. La multiplication des décisions unilatérales, le manque de consultation systématique, les réaffectations imposées découragent le personnel. Nous constatons en effet un « turn over » important dans les équipes, une augmentation des départs et des burnout. Le nombre de personnels au statut précaire est d’ailleurs particulièrement important : un tiers des postes de l’OMP sont en effet assumés par des remplaçant·es !

Il devient donc urgent de clarifier les missions de l’OMP afin de permettre à ses collaborateur·trices de pouvoir faire ne serait-ce que leur travail et assurer une prestation de qualité.

 

Un démantèlement de l’OMP qui ne dit pas son nom

 

De toute évidence, l’OMP manque de moyens pour répondre aux élèves les plus fragiles. Les économies effectuées se font au prix de la qualité de l’encadrement, voire de la sécurité des jeunes et de la santé des collaborateur·trices. La SPG constate également une dégradation de l’intrication médico-pédagogique de l’office qui participe au sentiment de démantèlement d’une structure pourtant unique en Suisse qui a longtemps fait ses preuves et qui répondait de manière adéquate aux besoins du canton. Il faut également rappeler que l’accès à un enseignement spécialisé, adapté aux besoins des enfants et des jeunes, est un droit inscrit dans la Loi de l’instruction publique. Une école inclusive est donc une école qui soigne son enseignement spécialisé.

De plus, faute de moyens pour anticiper et construire des projets pérennes, l’institution n’intervient souvent que trop tard, lorsque les situations sont déjà souvent critiques. Paradoxalement, depuis l’introduction de l’école inclusive, l’OMP souffre d’un déficit de considération. Comme susmentionné, l’accès à un enseignement spécialisé est une chance et ne doit pas se réduire au maintien d’un maximum d’élèves dans l’enseignement régulier. Maintenir un·e enfant à tout prix dans une classe ordinaire peut relever dans certaines situations de la pure maltraitance. Une école inclusive est donc une école qui propose également diverses structures adaptées tout en tenant compte des besoins spécifiques de chacun·e.

Enfin, à la suite de graves dysfonctionnements des ressources humaines, le SIT, la SPG et la commission du personnel ont adressé différentes demandes de rencontre à la conseillère d’État en charge du DIP qui sont à ce jour sans réponse.

En ce contexte, il semble donc particulièrement indécent d’annoncer publiquement, une fois de plus, que tout va bien, ne serait-ce que par respect pour les collaborateur·trices contraintes de travailler dans des conditions intenables depuis maintenant plusieurs années. L’OMP a impérativement besoin de plus de ressources, tout comme l’école primaire, pour répondre d’une part aux besoins générés par la pandémie, mais également pour compenser des années de déficit budgétaire péjorant la qualité de l’école genevoise.

 

Assemblée du personnel et lancement d’une pétition

 

Les syndicats et la commission du personnel de l’OMP ont donc convoqué une assemblée du personnel le lundi 6 septembre. Le lancement d’une pétition y a été décidé pour demander notamment la mise en place d’un suivi de la direction générale pour rompre avec la maltraitance institutionnelle, une véritable concertation des syndicats et des associations représentatives du personnel pour des décisions adaptées aux réalités et aux besoins du terrain, une clarification des missions de l’OMP et surtout les moyens pour lui permettre de les réaliser.

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