SAEN: Conflit en Ukraine - 04/2022

SAEN: Conflit en Ukraine

Personne ne s’y attendait. Plus jamais elle ne devait faire sa réapparition en Europe. Et pourtant elle est bien là, cette guerre agressive, brutale, qui écrase un pays européen pourtant pacifique, même s’il n’est pas exempt de tensions internes et de difficultés de cohabitation.

 

Fin mars, à l’heure où j’écris ces lignes, la stupéfaction n’est pas encore retombée. Nous sommes conscient·es de vivre une tragédie historique, dont nous ne percevons ni l’ampleur ni les conséquences futures. Pourtant, il faut agir. Dans nos écoles, trois domaines me semblent devoir être considérés.

Ouverture et équité

Une conséquence directe de ces évènements tragiques est le déferlement de réfugié·es. Cela ne s’était jamais vu depuis très longtemps. Et cela aura très vite des répercussions sur nos écoles, qui verront arriver de nombreux·ses enfants expatrié·es.

Aujourd’hui, l’élan de générosité est très impressionnant. Toutefois, il y a quelques bémols, comme le relève l’un de nos collègues, Thomas Saas : « Si les bonnes intentions derrière cet accueil sont admirables et que les efforts de tout un chacun pour permettre à ces réfugiés d’arriver dans les meilleures conditions possibles sont louables, je me demande comment tout cela peut être ressenti par les centaines d’autres migrant·es ( élèves inclus·es ) dont la souffrance et les traumas sont probablement comparables, mais pour lesquels la population et les politiques n’ont pour le moins pas déroulé de tapis rouge à leur arrivée. Je connais bien le système des classes d’accueil et la bienveillance des enseignant·es qui y travaillent, il me semble que l’école fait son maximum depuis des années pour intégrer les enfants issus de la migration, malgré des conditions souvent difficiles dont la majorité des citoyens semble se désintéresser massivement habituellement. Je crains que le trend actuel et la précipitation liée à l’actualité et à l’émotionnel ne donne une fausse image d’une école discriminante qui, à l’instar de la Confédération, ferait une distinction claire entre ses élèves de seconde zone ( permis F, N … ) et les nouveaux venus VIP. L’école aurait à mon sens plutôt intérêt à indiquer que les nouveaux venus seront accueillis comme nous savons le faire, dans la même humanité et avec la même bienveillance que celles dont nous faisons preuve pour les autres enfants issus de la migration et profiter de cette mise en lumière pour sensibiliser la presse et la communauté à toutes les réalités de l’accueil en classe et aux innombrables conflits tout aussi actuels et innommables que celui qui sévit un peu plus proche de chez nous … ». Le défi qui se présente est donc réel. Il va s’agir d’intégrer rapidement, mais sans précipitation, un grand nombre de nouveaux et nouvelles élèves ukrainien·nes, sans discrimination vis-à-vis des autres enfants migrant·es, avec la même empathie pour chacun·e.

Il faudra donc également dégager rapidement de nouveau moyens matériels et humains pour gérer au mieux cette situation. Et peut-être en permettant à un certain nombre d’enseignantes migrantes de trouver une place dans nos écoles, comme traductrices et personnes ressources pour ces enfants et leurs enseignant·es suisses.

Désinformation, propagande et vérité

Nous assistons aussi à une véritable guerre de l’information, dans laquelle les mensonges les plus éhontés sont utilisés par les personnes et les gouvernements les plus en vue. Manipulations d’images et propagande emplissent les réseaux sociaux. Comment l’école peut-elle aider les élèves à comprendre cette situation et à se faire une opinion équilibrée ? Comment éviter le piège de la peur et de la haine de l’autre ? Assurément, l’école a un rôle à jouer dans cette tempête médiatique inédite, particulièrement chez les adolescent·es et les jeunes adultes.

Justice et droit

Partout en Europe, cette crise violente provoque une augmentation massive des dépenses militaires. En Suisse aussi, de nombreuses voix s’élèvent pour demander plus d’argent pour des armes. C’est l’occasion de rappeler que le rôle de la Suisse n’est pas de participer à des alliances belliqueuses, mais de s’investir dans la diplomatie, dans la promotion de la paix, dans la négociation et la résolution de conflits, dans l’accueil et le soutien aux personnes en détresse.

À l’école d’enseigner que la paix se construit non pas avec l’épée mais avec le droit et la justice, et que les responsables de ces crimes devront être jugés par des tribunaux reconnus. Le vivre ensemble que nous enseignons à l’école doit aussi se concrétiser dans les relations entre États, seule solution pour qu’un jour le fléau de la guerre puisse être écarté de notre humanité.

Pierre-Alain Porret, président du SAEN

 

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