Pages ouvertes - 05/2022

Pages ouvertes

Agir sur la gestion de classe : oui, mais comment ?

 

Perçue comme indispensable à l’enseignement et aux apprentissages, la gestion de classe et plus particulièrement celle des comportements d’indiscipline est au cœur des inquiétudes, questionnements et réflexions de nombreux et nombreuses futur·es enseignant·es en formation initiale. Cette préoccupation se traduit concrètement par un besoin déclaré d’apprendre à maintenir un cadre de travail propice à l’apprentissage et à gérer les comportements considérés comme perturbant le bon déroulement du temps en classe ( Magni, 2021 ). Ce souci est non seulement présent en formation initiale, mais également lors de l’entrée dans le métier, lors des années probatoires, et au-delà ( INSERCH, 2020 ). Plusieurs enquêtes ont d’ailleurs montré que dans certaines situations, pouvant même devenir majoritaires, le temps de gestion de la classe peut prendre le pas sur le temps d’enseignement, générant alors de nombreuses formes de frustrations chez les enseignant·es ( Willemin, 2019 ). Dans ce cadre, il est établi que peu d’enseignant·es se sentent réellement à l’aise face aux comportements indésirables et peu d’entre eux et elles s’estiment entièrement compétent·es dans la mise en place d’interventions efficaces. Ce sentiment se traduit bien souvent par l’idée d’un manque et la demande d’outils concrets et opérationnels pour agir ( Magni, 2021 ).

 

Un modèle pour « agir »

 

Si, pour la gestion de classe, de nombreux outils existent, le modèle de Gaudreau ( 2017 ) connait un certain succès dans le monde francophone. Fruit d’une synthèse d’autres modèles, il présente un aspect figuratif ( la main ) qui le rend facilement abordable. Ainsi, chacune des cinq dimensions qui le composent est associée à un doigt de la main et chaque dimension correspond à une sphère d’action que l’enseignant·e doit prendre en compte pour favoriser une gestion de classe efficace. Dès lors, le pouce représente l’importance première de ce que communément nous appelons la conception de l’enseignement ou gestion des ressources ( cf. les dimensions évaluées en Stages en responsabilités lors de l’année du CCEP : planification de l’enseignement ; choix des activités et modalités ; connaissance des objectifs et visées pédagogiques ; gestion du temps, de l’espace et du matériel ; utilisation des ressources technologiques ainsi que des ressources humaines ). Cette composante, première de la main, nous pousse à penser l’importance initiale de celle-ci pour éviter une partie importante d’émergence de problèmes de gestion de classe. En effet, de nombreux écrits dans le champ montrent qu’à l’origine d’un problème de gestion de classe, il peut y avoir bien souvent une inadéquation de cette dimension ( Rey, 2016 ). Le deuxième doigt, l’index, fait référence à l’établissement d’attentes claires comprenant la « mise en place de règles de conduite et des routines, la transmission des directives claires ainsi que l’enseignement de procédures » ( p. 30 ). Il est présenté comme le doigt qui montre, guide, indique et dirige une action. Cette composante doit permettre aux élèves une meilleure compréhension des tâches demandées et les accompagner dans leur quotidien scolaire. En effet, c’est souvent, lorsque l’élève ne sait pas quoi faire car les consignes ne sont pas claires, ou que l’enseignant·e manque de constance et de cohérence dans ses interventions que les problèmes surgissent. Le majeur, troisième doigt, se réfère à l’importance du développement de relations sociales positives au sein de la classe, avec et entre les élèves, mais aussi avec les parents ; permettant de maintenir un environnement motivant, rassurant, mais aussi propice aux apprentissages. Cette association au majeur n’est pas fortuite, car cette composante joue « un rôle majeur, voire central dans le bon déroulement des activités d’enseignement-apprentissage et surtout, dans la qualité de l’expérience scolaire des élèves et de l’enseignant. Plus les relations sont positives, meilleure est la collaboration des membres du groupe » ( p. 31 ). Quant à l’annulaire, il se réfère à l’attention et l’engagement des élèves sur l’objet d’apprentissage. Il s’agit, là, de mettre en avant la qualité des actions permettant de capter l’attention des élèves et de maintenir leur motivation. Ce doigt a d’ailleurs comme symbolique d’unir les élèves et la tâche donnée par l’enseignant·e. Cela dit, bien que quatrième composante, celle-ci ne reste pas la moins complexe à réaliser. En effet, de nombreuses études montrent la difficulté à maintenir la motivation des élèves, au fur et à mesure où l’on monte dans les degrés ( Lieury & Fenouillet, 2013 ). Enfin, l’auriculaire repose sur la gestion de comportements d’indiscipline. Elle porte donc sur les différentes stratégies à appliquer afin de pouvoir prévenir et gérer l’émergence de ces comportements. L’enseignant·e choisit alors des interventions pour diminuer voire empêcher les écarts de conduite, tout en gardant à l’esprit l’influence de l’environnement de la classe, le contexte scolaire et en veillant à instaurer un climat propice aux apprentissages.

 

En conclusion, ce modèle nous rappelle qu’avant de devoir réagir à un comportement considéré comme indésirable par l’enseignant·e, parce qu’empêchant le bon déroulement de la classe, il est important d’anticiper les cinq dimensions évoquées. Prendre en compte celles-ci peut nous permettre d’éviter de nombreuses situations qui perturbent la classe et empêchent l’enseignement. Ceci dit, même en mettant en place au mieux tout ce qui précède, il est encore possible d’avoir à gérer des situations indésirables. En effet, comme le soulignent Archambault et Chouinard ( 2016 ), la gestion de classe se définit intégralement comme : « ( … ) l’ensemble des pratiques éducatives auxquelles les enseignants ont recours afin d’établir, maintenir et, si besoin, restaurer dans la classe les conditions propices à l’apprentissage et à l’enseignement » ( p. 15 ). Dès lors, il advient, également, nécessaire de s’interroger sur la manière de se comporter en tant qu’enseignant·e face à un comportement considéré comme perturbateur et de se donner quelques principes pour réagir. 

Les numéros complets de la revue, les dossiers pédagogiques et les articles qui les constituent peuvent être consultés par les abonné·es connecté·es.
Faute d’abonnement, il est possible de les obtenir au format PDF. [Numéro ou Dossier : 11 CHF; Article : 2 CHF.]
Si disponibles, des éditions imprimées des numéros de la revue peuvent être commandées à secretariat@revue-educateur.net.

S'abonner Accéder au numéro complet

SER

Secrétariat du SER

Lundi, mardi, jeudi, de 08h00 à 16h30 et mercredi matin CP 416 / Av. de la Gare 40 1920 Martigny 1 Tél : 027 / 723 59 60

ser@le-ser.ch

CONTACTS

Bureau du comité du SER

David Rey, président Tél : 079 / 371 69 74

d.rey@le-ser.ch

Olivier Solioz, vice-président

o.solioz@le-ser.ch

Pierre-Alain Porret, SG nommé

p-a.porret@le-ser.ch

Administration

Véronique Jacquier Darbellay

v.jacquier@le-ser.ch

Educateur

Bureaux

Educateur CP 416 Av. de la Gare 40 1920 Martigny 1 Tél : 027 / 723 58 80

secretariat@revue-educateur.net

Rédactrice en chef

Nicole Rohrbach Tél : 078 / 742 26 34

redaction@revue-educateur.net

Prépresse et régie publicitaire

Sylvie Malogorski Défago Tél : 027 / 565 58 43

communication@revue-educateur.net