«Intégration» Forum du 18 mars1 Entendre le «terrain» pour dégager une politique positive!

«Intégration» Forum du 18 mars1 Entendre le «terrain» pour dégager une politique positive!

Dans un canton de Vaud très loin comme on le sait d’être un champion en cette matière, «intégrer» dans l’école ordinaire un nombre plus important d’enfants aux besoins particuliers relève d’une volonté affirmée très tôt dans son mandat par la cheffe du DFJC. Désormais, sous réserve de l’autorisation de ratification donnée par le Grand Conseil, cette orientation s’inscrit par ailleurs dans l’accord intercantonal sur la pédagogie spécialisée.

 

Parallèlement, cette politique est déjà mise en oeuvre de manière pragmatique dans les établissements. Dans un contexte de lutte d’influence entre la Direction générale de l’enseignement (DGEO) et le Service de l’enseignement spécialisé (SESAF). Au milieu, comme pris entre ces deux feux, les directeurs d’établissement tentent, dans le périmètre de leurs attributions, de dégager les chemins du possible.

Entre les injonctions du DFJC, les actes professionnels demandés aux enseignants ordinaires et/ou spécialisés, ce qui est attendu des PPLS, les requêtes parfois paradoxales des familles (quand ces dernières tiennent encore…) et la nécessaire réorganisation du travail pédagogique, force est de reconnaître que la tâche des directeurs relève souvent d’un vrai parcours du combattant. Sans évoquer, en arrière-plan, la «chasse gardée» d’institutions du parapublic soucieuses de préserver ce qui ressemble parfois furieusement à un marché, mais qui rechignent aussi à accueillir en leur sein des enfants à qui elles ne sauraient pas vraiment quoi offrir! Enfin, et la SPV est ici en première ligne, il y a les échos qui remontent du «terrain».

Certes, nous ne sommes pas assez naïfs pour prétendre que ce qui se dégage des suppliques des collègues puisse proposer une image en tout point conforme à la réalité vécue par l’ensemble des enseignants, des classes et des établissements vaudois: on appelle rarement les pompiers quand l’extincteur a rempli à satisfaction sa fonction. Il n’empêche! Bien des collègues crient leur désarroi et leur solitude. Les témoignages sont nombreux qui font état de processus d’intégration d’un enfant aux besoins particuliers menés sans véritable prospective ou hors de tout projet réellement partagé et construit. Qu’un système laisse ainsi se déliter des situations à un point tel qu’il conduise ses agents à l’épuisement professionnel, aux larmes et au désespoir est tout simplement inadmissible.

Aujourd’hui, nombreux sont déjà celles et ceux, pourtant bien disposés au départ, qui affirment fort et clair qu’on ne les y reprendra plus. C’est pourquoi la SPV – qui assume encore jusqu’à ce jour la position selon laquelle aucune autre école n’est possible que celle qui serait «ouverte et non discriminante» – affirme que seuls le dialogue et la construction d’une politique déclinée au plus près des acteurs en charge et en responsabilité concrète peut permettre de passer l’épaule et d’atteindre les objectifs assignés par l’institution. Accueillir plus d’enfants «extraordinaires» dans l’école ordinaire passe bien évidemment par des aides extérieures. Mais elle conduit aussi à militer pour une «requalification» des enseignants ordinaires.

Le 18 mars, au Cazard, le comité cantonal de la SPV propose un espace de dialogue et d’échanges entre celles et ceux qui oeuvrent au quotidien dans les classes et les responsables du département. Ce ne doit pas être un tribunal. Mais rien ne serait pire qu’une fois de plus la langue de bois l’emporte sur l’expression des réalités vécues au quotidien. Entre affirmation des réussites et dénonciation des souffrances, il convient que cet après-midi fasse date afin qu’un peu de sérénité puisse être retrouvée.

Aujourd’hui, certaines classes ressemblent à une salle des urgences, dans laquelle médecins et infirmières devraient gérer en commun des «bien portants», des grippés et d’autres qui relèvent des soins intensifs.

A cette disposition, nul ne peut-être tenu. Changer les textes ne suffit pas. Il faut que le terrain parle; et qu’il soit entendu. C’est à cette condition que le système obtiendra quelque chance d’évoluer de manière positive.

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