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La déclaration d’intention et les cinq résolutions qui suivent sont l’émanation des débats du Congrès SER 1999 " L’école service public ou supermarché ? " Adoptées par l’assemblée du 19 juin 1999, elles définissent les lignes de travail du Syndicat des Enseignants Romands pour les années à venir.
Déclaration d'intention
Considérant l'évolution de cette fin du XXe siècle notamment aux plans économique et social, inquiets pour l'avenir de la société démocratique, déterminés à assumer leur rôle de professionnels et de citoyens, les enseignantes et les enseignants membres du SER déclarent
L'école est une institution publique indispensable et prépondérante pour :
- conduire des êtres humains à se développer de manière optimale, sur les plans intellectuel, physique, social et artistique;
- construire, chez chacun, des valeurs universelles telles que la justice, la liberté, la tolérance et la solidarité;
- permettre à chaque individu d'acquérir les compétences et connaissances nécessaires à une participation active à la vie de son temps.
La formation doit se situer au premier rang des priorités de l'Etat.
RESOLUTION 1
A PROPOS DES VALEURS PORTEES ET DISPENSEES PAR L'ECOLE
Considérant le 2ème axe de la déclaration d'intention qui précède,
LE CONGRES DU SER
mandate le comité central afin qu'il
- étudie et suscite la réflexion sur les valeurs dispensées à l'Ecole afin de les intégrer dans sa mission;
- défende une Ecole qui puisse être fréquentée par des adhérents de toutes les confessions, fondée sur la tolérance et la compréhension de l'Autre;
- anticipe et réfléchisse aux réponses à apporter concernant notamment la place de l'instruction religieuse, les problèmes de cohabitation des communautés, les modalités de collaboration avec la famille sur les aspects éducatifs et préventifs, les formes que doit prendre "l'éducation à la citoyenneté".
LE CONGRES DU SER
regrette
- la suppression de l'alinéa 3 de l'article 27 de l'ancienne constitution fédérale. Il souhaite sa réinsertion dans la charte nationale de notre pays car il est dans la ligne d'une politique préservant la liberté de croyance à l'Ecole publique.
(La teneur de cet article était la suivante : "Les écoles publiques doivent pouvoir être fréquentées par les adhérents de toutes les confessions, sans qu'ils aient à souffrir d'aucune façon dans leur liberté de conscience ou de croyance".)
RESOLUTION 2
A PROPOS DES PARTENARIATS
Sur la base de la précédente déclaration d'intention, considérant que :
- l'école publique doit poursuivre son œuvre auprès de tous les enfants;
- certains milieux économiques cherchent à déposséder l'Etat de ses prérogatives sur l'Ecole ;
- les politiques scolaires ne peuvent réussir qu'en mobilisant tous les acteurs - partenaires de l'école et, en particulier, les enseignants et les enseignantes;
- il est impossible de former des citoyen-ne-s à la démocratie sans un fonctionnement démocratique à tous les niveaux,
LE CONGRES DU SER
demande aux autorités scolaires
- de travailler en partenariat avec le SER sur la base d'un contrat régissant leur travail commun.
Pour ce faire,
- il charge le comité central d'élaborer un contrat de partenariat avec les autorités qui sera négocié dans chaque canton;
- il mandate en outre le comité central d'étudier diverses formes de partenariat avec les parents au sein des établissements scolaires.
RESOLUTION 3
A PROPOS DU FINANCEMENT DE L'ECOLE
Considérant :
- la dominance de la pensée néolibérale dans les politiques publiques, qui tend à restreindre les ressources de l'Etat;
- le développement d'une logique de marché qui génère une commercialisation des rapports humains;
- l'exacerbation de la concurrence à tous les niveaux de la société et des institutions, génératrice d'exclusions;
- l'ampleur de la mission de l'Etat qui doit maintenir sa capacité à répondre aux aspirations de chaque individu, aux besoins de la collectivité et à ceux de l'économie;
- la fragilité économique et sociale d'une partie importante des élèves et de leurs familles;
- l'importance d'assurer en tout lieu un accès équivalent aux prestations publiques;
- les conditions-cadres nécessaires aux enseignant-e-s pour accomplir ladite mission, notamment en terme d'effectifs de classe, de formation, de matériel/locaux et de reconnaissance statutaire;
- le fait qu'une Ecole de qualité a un prix en dessous duquel on ne peut aller sans renoncer à des missions essentielles en termes de cohésion sociale et d'investissements pour l'avenir;
LE CONGRES DU SER
demande aux autorités cantonales de la Suisse romande
- d’assurer les moyens budgétaires indispensables à une école publique de qualité ;
- de garantir le financement public de l'Ecole, en s'abstenant de recourir à des formes de privatisations, de parrainages, de sponsoring ou d'écolage reportant la charge sur les parents;
- de ne pas chercher l'efficience par des méthodes contraires aux valeurs préconisées par l'Ecole : salaire au mérite, enveloppe financière, pseudo-privatisation, etc.
RESOLUTION 4
A PROPOS DE L'EVALUATION DU SYSTEME SCOLAIRE
Sur la base de la précédente déclaration d'intention, considérant que :
- la définition de la mission de l'école publique doit être une œuvre permanente et collective de la société;
- le financement de l'école publique doit être garanti par l'Etat;
- les évaluations actuelles des systèmes scolaires et des pratiques pédagogiques ne sont pas exploitées pour rendre véritablement service à l'école;
- les enseignants se sentent remis en cause, voire attaqués, sans qu'ils aient pu participer pleinement à la réflexion sur les objectifs à atteindre;
LE CONGRES DU SER
- s'oppose à toute forme d'évaluation qui mettrait en danger la mission d'institution publique de l'école ou qui encouragerait, même indirectement, la concurrence entre les établissements scolaires;
- mandate le comité central de contribuer à clarifier les fonctions de l'évaluation afin de prémunir l'Ecole contre des formes d'évaluation néfastes et contraires à ses objectifs;
- charge le comité central d'analyser toutes les évaluations du système scolaire public et de n'avaliser que celles qui sont acceptables pour les enseignants et bénéfiques pour l'Ecole;
- demande au Comité central de constituer un groupe spécial qualité / évaluation, dont la tâche sera
- de veiller à ce que l’introduction des indicateurs quantitatifs et des critères de qualité et d’évaluation ne devienne pas l’otage de l’amateurisme et pseudo – scientifisme;
- de veiller à ce que ces démarches restent compatibles avec un projet socio-scolaire et pédagogique qui s’inscrive dignement dans la tradition de l’école publique ;
- de faciliter la liaison entre les enseignants et les milieux professionnels des sciences de l’éducation et de la sociologie de l’éducation dont les travaux ont été ignorés par les guides de qualité d’inspiration ISO.
RESOLUTION 5
A PROPOS DU DEVELOPPEMENT DES TECHNOLOGIES DE L'INFORMATION ET DE LA COMMUNICATION (TIC)
Etant donné :
- l'intérêt que représente l'outil informatique dans les apprentissages et l'attrait qu'il exerce sur les enfants;
- le marché potentiel nouveau que représente l'école pour le monde de l'économie;
- le risque d'être inondé par des produits qui ne serviraient pas les finalités et la mission de l'école publique;
LE CONGRES DU SER
donne mandat au comité central
- de suivre avec attention l'évolution de la politique d'utilisation des TIC et de s'impliquer dans le processus de réflexion et de décision;
- de procéder à une analyse critique des projets et des offres présentés;
- de définir une ligne indépendante;
- de demander les moyens et les ressources nécessaires à une utilisation judicieuse et générale des TIC dans les classes.
SYNDICAT DES ENSEIGNANTS ROMANDS |