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Dossier 48B de la CDIP
Etant donné
Le contenu du document SPR sur la formation des enseignants.
Le contenu des « Actes de la journée SPR Ecole Enfantine du 14 mars 1998 ».
La volonté du SER de faire reconnaître les spécificités de l’Ecole Enfantine et son rôle déterminant pour la suite de la scolarité obligatoire.
Le souci du SER de valoriser le statut de tous les enseignants de l’Ecole Enfantine.
L’engagement des associations cantonales membres du SER pour la défense de l’Ecole Enfantine dans leurs régions respectives.
Le contenu du rapport 48B de la CDIP sur le Cycle Elémentaire.
Les contenus des séminaires européens et internationaux liés au thème de la petite enfance.
S’appuyant sur le travail de réflexion de la Commission de degré SER
(–2+2) et sur le rapport de synthèse présenté par le président, Samyr Chajai, (Vd) et par un membre de la commission, Colette Equey, (Fr).
Considérant que l’Ecole obligatoire
est appelée à s’organiser en Cycles d’apprentissage.
Considérant que l’Ecole Enfantine
est appelée à devenir obligatoire dans tous les cantons (deux ans),
va s’intégrer dans le Cycle Elémentaire de l’école obligatoire (-2+9).
Considérant que le statut professionnel des enseignants pratiquant dans une école organisée en cycles va subir de profonds changements,
LE SER SE DECLARE FAVORABLE AU CONCEPT PRESENTE DANS LE DOSSIER 48B DE LA CDIP.
Il y voit des avantages, mais aussi des inconvénients liés particulièrement aux structures actuelles des systèmes éducatifs qui ne favorisent pas la mise en place d’un tel projet.
LE SER EMET DONC DES RESERVES QUANT A LA FAISABILITE DE LA MISE EN ŒUVRE.
AVANTAGES Assurer l’hétérogénéité du groupe classe. Faciliter, harmoniser la transition entre l’école enfantine et l’école primaire. Respecter les rythmes des élèves. Permettre de lutter contre l’échec scolaire (ex. enfants peu ou pas stimulés à la maison). Dépister plus tôt et sur une plus longue durée les troubles éventuels (ex.logopédie, motricité). Favoriser le travail en équipe (pour les enseignants et les élèves). Permettre le décloisonnement.
INCONVENIENTS L’inadéquation des locaux, des lieux actuels d’enseignement avec les exigences posées dans le dossier 48B de la CDIP (grandeur). Le taux actuel des effectifs de classes qui ne correspond pas avec la limite idéale fixée dans le dossier 48B de la CDIP (16 élèves par classe). L’incohérence de la proposition d’avancement possible de six mois l’entrée au cycle élémentaire (ce qui amènerait des enfants de 3ans1/2 à commencer l’école obligatoire). L’absence de fondements philosophiques, de valeurs partagées par les chefs de départements de l’instruction publique suisse concernant le cycle élémentaire. L’image dévalorisante peu ou pas combattue d’une école enfantine synonyme de garderie. L’absence d’une ligne politique éducative définie à long terme. L’absence de plans d’études cadres pour le cycle élémentaire. La trop grande abondance de « projets novateurs » qui viennent surcharger, disperser la vie de la classe, épuiser les forces des enseignants et déboussoler les parents insuffisamment préparés à vivre les nombreux changements. Le manque de cohérence, de suivi des projets pédagogiques. La volonté des politiciens de réaliser des économies sur le dos de l’école publique en supprimant des mesures complémentaires d’aide ou d’encadrement. La tendance actuelle à intégrer tous les enfants dans un cycle, y compris des enfants trisomiques ou à lourd handicap, parfois au détriment de ces enfants. Les grandes différences entre les objectifs éducatifs des familles et les attentes de l’école. Le peu de reconnaissance et de considération du travail des premiers degrés de la scolarité. INTERROGATIONS · Il y a lieu de définir avec précision le terme de « cycle élémentaire ». Ce terme ne recouvre pas partout en Suisse la même signification.
Comment se mettre d’accord sur la mise en place du concept 48B alors qu’aucun sens commun n’a été défini?
· Dans le dossier 48B, le cycle élémentaire fait partie de l’école obligatoire
(-2+9) :
Tous les cantons seront-ils obligés de se soumettre à cette décision suisse ?
Tous les cantons accepteront-ils d’organiser la scolarité des enfants de 4 à 8 ans en cycle élémentaire ?
· L’évaluation :
La prévoit-on et comment ? L’évaluation soulève bien des difficultés, qu’elle soit notée (avec les inconvénients que l’on connaît) ou par objectifs (avec la difficulté de l’observation de tous les enfants, du surcroît de travail pour les enseignants et de la difficile perception des parents).
· Les lieux à faibles effectifs, les villages, les petits, les grands collèges :
Peut-on envisager des solutions différenciées ?
· Les craintes et les réticences des enseignants par rapport à la surcharge de travail qu’une mise en place d’un enseignement par cycles peut engendrer :
Comment convaincre, comment démontrer les avantages du système ?
· La formation des enseignants :
Comment rendre HEP compatibles les enseignants déjà en place qui sont soit enseignants primaires, soit enseignants d’école enfantine ?
· L’introduction et la généralisation du projet :
Comment éviter la précipitation ? Peut-on envisager une période de 10-15 ans ?
· La mise en œuvre :
Où, comment et qui discute la mise en place ?
Les syndicats d’enseignants ont-ils leur place dans les groupes de pilotage ?
L’organisation d’un cycle élémentaire tel que présenté dans le dossier 48B est une forme idéale de l’enseignement
A CONDITION QUE
Des réponses soient clairement données aux questions posées avant le démarrage de la mise en place généralisée. Des expériences pilotes soient conduites et évaluées. Des études soient menées sur la faisabilité. (organisation, méthode, gestion de la classe dans un contexte de décloisonnement et de travail en équipe, matériel didactique d’enseignement à disposition, …) Les coûts soient évalués d’une manière réaliste, selon le concept proposé dans le document 48B de la CDIP (ex. intervention de tierces personnes dans la classe) ; que toutes dépenses soient considérées comme indispensables à la réussite de la concrétisation du projet 48B. Les garanties du financement pour la réalisation du projet soient données. La communication du changement soit organisée systématiquement par la CDIP et les cantons.
COMMENTAIRES COMPLEMENTAIRES Concernant l’organisation de l’apprentissage
Pour accélérer le processus de mise en place, consulter les travaux, les évaluations qui ont été faits à l’Etranger (ex. de la France). Il est extrêmement important de maintenir des structures particulières d’effectifs réduits pour les enfants qui auraient de la peine à suivre due à des troubles d’apprentissage et non de comportement social.= structures compensatoires pour les enfants qui gèrent difficilement dans un groupe trop élargi. La recherche doit en tous temps accompagner le changement et porter sa réflexion sur les problèmes liés à la finalisation du projet d’innovation. (organisation du temps scolaire de l’élève et de l’enseignant, par exemple). L’harmonisation suisse par l’établissement d’un concept cadre doit permettre aux politiques des assemblées législatives cantonales de comprendre pourquoi il faut voter des crédits en faveur du développement des cycles élémentaires. Concernant la formation des enseignants
L’enseignement dans des cycles d’apprentissage modifie profondément la pratique du métier d’enseignant. Il fait appel à des compétences et des aptitudes que la formation initiale des personnes en place actuellement n’a pas forcément développée. Changer de contexte d’enseignement implique des attitudes professionnelles nouvelles. Les Départements de l’Instruction Publique doivent garantir l’offre d’une formation continue dans le cadre de séminaires et non dans le cadre de journées réparties dans l’année. Les sessions de formation continue dans ce cas doivent revêtir une importance particulière, car elles doivent assurer le passage de maîtres, maîtresses primaires vers les degrés de l’école enfantine et vice versa. Les séminaires de formation continue se dérouleront dans les HEP afin de bénéficier de conditions idéales et des compétences des formateurs engagés. Concernant le profil de l’enseignant qui pratique dans un cycle
· Parallèlement aux études qui se font sur la faisabilité de l’enseignement dans les cycles d’apprentissage, il est indispensable que la CDIP mandate un groupe de travail qui analyse et dépose un rapport sur le profil du « nouvel enseignant ». Il est impensable de vouloir changer les structures sans réfléchir au nouveau rôle du praticien, à son statut professionnel et aux changements de pratique.
Concernant le statut professionnel
A l’école enfantine, actuellement, le personnel enseignant se compose presque exclusivement de femmes. Aujourd’hui, les salaires des enseignant-e-s des degrés élémentaires sont très souvent inférieurs aux salaires des enseignants primaires. Les raisons invoquées sont les différences de temps de travail et la différence de temps de formation initiale. A l’avenir, les enseignants des cycles élémentaires qui sortiront des HEP exigeront des salaires supérieurs. Des disparités se créeraient si les départements ne mettaient pas en place des sessions de formation qui permettront aux gens en place de compléter leur formation pour devenir HEP compatibles et gagner le même salaire que les enseignants formée en HEP. (ex. du canton de Vaud où les jeunes qui sortiront de la HEP dans deux ans recevront un salaire à deux classes au-dessus des gens en place.)
· A quand un même salaire pour les enseignants suisses qui auront une même formation et un même horaire de travail ?
Ce qui aurait pour conséquence de revaloriser la profession et d’attirer peut-être, plus d’hommes dans le cycle élémentaire.
CONCLUSION
Tout changement demande un temps d’appropriation de la part des acteurs impliqués. La CDIP et les Cantons ne peuvent réussir la mise en place du concept des cycles élémentaires décrits dans le dossier CDIP 48B qu’à la condition d’emmener les enseignants avec eux et de prendre en compte leurs préoccupations.
Les expériences menées jusqu’ici par des enseignants doivent être considérées, valorisées et largement partagées par les professionnels de l’éducation. La formation continue passe aussi par des échanges de pratiques. Un praticien qui témoigne du plaisir qu’il a éprouvé à vivre une réforme particulière avec ses élèves vaut tous les cours du monde pour motiver les pédagogues.
Il appartient à la recherche des cantons et de la CDIP de mettre suffisamment en évidence les avantages du changement proposé, de rendre apparent le rôle primordial que joue le cycle élémentaire sur la suite de la scolarité obligatoire.
La communication aux parents, aux enseignants, aux autorités politiques et scolaires, à la société en général, est une priorité que la CDIP et les DIP suisses doivent assurer et assumer.
La nécessité de montrer le caractère évolutif des projets et de la formation demeure inéluctable.
La collaboration avec les associations d’enseignantes et d’enseignants est incontournable.
LE TOUR DE LA QUESTION EN CINQ POINTS ESSENTIELS
Question politique Aspect facultatif ou non ?
Âge : 4-5 ans ?
Définition : garderie, jardin d’enfants, cycle de l’école obligatoire ?
Harmonisation suisse : oui ou non ?
Question pédagogique Développer la recherche pour prouver la pertinence du changement !
Question sociale Relation famille-école !
Sens accordé au cycle élémentaire : structure d’accueil aménagée et gérée dans le cadre scolaire ou étape indispensable dans le cursus de la formation obligatoire ?
Communication : quel langage pour informer et convaincre ?
Question professionnelle Net enthousiasme vécu jusqu’ici par des enseignants « pionniers ».
Craintes légitimes devant l’ampleur du changement.
Redéfinition du profil, du rôle et des compétences de l’enseignant pratiquant dans un cycle de quatre ans.
Question organisationnelle Préoccupations liées à la mise en œuvre.
Mot de la fin à Auréliane, élève de première enfantine à Sierre :
« Tu sais, l’école c’est vraiment bien,
parce que la maîtresse nous aime beaucoup
et nous on fait des belles choses ! »
Martigny, le 20 mars 2001
Pour le SER Marie-Claire Tabin Présidente
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