Communiqué de presse du 30 mars 2004
Programme de travail pour la coordination à l'échelle nationale sur l'enseignement des langues[1]
Le SER, n'ayant pas été associé à l'élaboration de ce programme de travail, publie sa prise de position sous réserve d'examen plus détaillé du programme annoncé par la CDIP.
Le SER a cependant adopté un ensemble de thèses sur l'enseignement / apprentissage des langues en mai 2003, où il déclare notamment :
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L'enseignement / apprentissage des langues à l'école doit viser à doter l'élève d'un outil de communication.
Il doit être clairement reconnu qu'on n'acquiert pas la maîtrise d'une langue à l'école, mais qu'en revanche on peut y développer des compétences plurilingues utiles à la communication, aux études et aux échanges.
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Ce que le SER soutient
· Le SER ne peut que se déclarer favorable à toute initiative visant à améliorer la coordination intercantonale.
Il accorde une importance première à la coordination romande et apprécie quand elle peut se réaliser également au niveau national.
· Le soutien prioritaire à la maîtrise de la langue locale, les compétences souhaitées dans deux langues étrangères pour la fin de la scolarité obligatoire sont des objectifs que le SER partage complètement.
Il faut bien, par contre, insister sur le fait qu'il n'est pas question de "maîtriser trois langues" (trilinguisme), mais de maîtriser la langue locale et d'acquérir dans deux autres langues les compétences nécessaires et utiles à la communication.
De plus, il s'agit de favoriser chez tous les jeunes des dispositions favorables au plurilinguisme.
De sérieuses difficultés
· Le projet de la CDIP représente un plan très large, de nature à plaire au plus grand nombre.
Il constitue néanmoins, pour le SER, un programme de travail essentiellement déclamatoire et non conduit. En effet, la mise en œuvre étant du ressort des cantons, aucune planification concrète et pédagogique n'est esquissée, ni même modélisée. De plus, aucune garantie évaluative n'est donnée pour qu'une réelle coordination et un développement nouveau de l'enseignement-apprentissage des langues ne se vérifient à terme dans les faits.
· Pour être crédible, un tel programme doit faire l'objet d'un examen très attentif de faisabilité et d'un dispositif de suivi tant au plan des cantons qu'à celui de la CDIP.
· Par ailleurs, de nombreuses questions, qui constituent actuellement de sérieux obstacles pour l'apprentissage des langues, restent en suspens. Il s'agit notamment de :
- Le danger qu'une part pénalisante croissante de sélection scolaire soit dévolue à l'apprentissage des langues.
- L'emploi du temps des élèves et le poids des langues dans des programmes déjà pléthoriques (à la place de quoi ?).
- L'absence de la langue maternelle des élèves immigrants.
- L'absence totale d'évaluations sérieuses de l'échec, communément admis, de l'apprentissage actuel des langues à l'école.
- L'absence de toute base de connaissance sérieuse donnant une image réaliste du niveau des compétences linguistiques réelles du corps enseignant chargé de mettre en œuvre pareille stratégie des langues.
- La faiblesse des moyens (encadrement des élèves et temps professionnel) dont disposent les enseignants suisses, en regard de ceux mis à disposition des professionnels dans les pays performants dans l'apprentissage des langues.
- La difficulté croissante de conserver un statut de généraliste pourtant précieux pour le développement global des élèves (développement indispensable aussi à un bon apprentissage des langues).
En conséquence
Si le SER salue la volonté de la CDIP de doter l'école suisse d'un programme de travail sur l'enseignement des langues, il ne peut que reconnaître à celui-ci un aspect déclamatoire et, à ce jour, très peu réaliste. Le SER demande donc :
· Que soient mis sur pied dans les meilleurs délais des groupes paritaires d'évaluation dans chacun des cantons, qui étudient la faisabilité de ce programme et les moyens nécessaires à sa réalisation.
· Qu'au niveau de la CDIP, lesdits groupes rendent compte à un dispositif de suivi confédéral des conditions de réalisation prévues et qu'une décision soit prise de maintien, de modification ou de retrait du projet au vu des résultats de l'étude.
· Que des réflexions soient conduites paritairement entre les associations d'enseignants et la CDIP pour que l'apprentissage des langues soit articulé pleinement avec les autres dossiers relatifs à une amélioration des performances de l'école et des élèves (évaluation du travail des élèves, formation des enseignants, perspectives professionnelles, projets d'établissement, autonomie des établissements, etc.).
C'est à ces seules conditions que le SER pourrait s'engager dans un soutien militant à la politique des langues mise en place aujourd'hui par la CDIP.
Syndicat des enseignants romands
Annexes :
· Thèses SER sur l'enseignement / apprentissage des langues étrangères
· Thèses SER sur l'enseignement / apprentissage du français
Personnes de contact :
· Marie-Claire TABIN, présidente SER
027 / 723 59 60 ou 079 / 740 11 77
· Georges PASQUIER, vice-président SER et rédacteur en chef de l'Educateur
078 / 686 68 12
· Jacques DANIELOU, président de la Société pédagogique vaudoise
021 / 617 65 59 ou 079 / 467 78 06
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