Au Secrétariat général de la CDIP Case postale 5975 3001 Berne
Martigny, le 28 juin 2002
Mesdames, Messieurs,
Veuillez trouver
1. Pensez-vous qu’il soit nécessaire et urgent de fixer au niveau suisse des normes minimales pour l’auto-évaluation des écoles ?
Cette question appelle une triple interrogation : celle de la nécessité, celle de l’urgence et celle du niveau suisse.
A savoir s’il y a nécessité de fixer des normes minimales pour l’auto-évaluation des écoles, le SER répond OUI, A CONDITION QUE…
A savoir s’il y a urgence de fixer des normes minimales pour l’auto-évaluation des écoles, le SER répond OUI, MAIS…
Quant au niveau suisse, on est en droit de s’interroger sur le sens de cette expression. Qu’est-ce que cela signifie ? Un ministère de l’Education n’existant pas au niveau suisse, qui sera le garant du projet ?
Les réserves mises en évidence ci-dessus situent clairement l’esprit du débat au sein du SER. Les avis exprimés divergent. Les différences d’opinion dépendent avant tout :
- de l’expérience positive ou négative vécue dans le domaine de l’évaluation jusqu’à aujourd’hui,
- de la localisation des établissements,
- de la structure hiérarchique en place,
- des compétences professionnelles des cadres responsables,
- du degré d’enseignement dans lequel les personnes travaillent (pour des enseignants spécialistes de branches au secondaire II, l’auto-évaluation pratiquée dans un esprit de culture d’établissement semble encore loin de la réalité possible),
- …
2. Quelle est votre position par rapport à chaque norme ? Avez-vous des corrections à proposer ? Quelles sont les normes que vous rejetez ? Pour quelles raisons ?
Pour la réponse à cette question, veuillez vous référer au document ci-joint.
3. Pour quels degrés scolaires estimez-vous qu’il faille introduire en priorité de telles normes ? Quels sont vos arguments ?
Pour tous les degrés scolaires.
Si l’objectif de l’auto-évaluation des écoles est réellement de viser une amélioration de la qualité de l’école, il ne peut y avoir d’exceptions. Il est impensable de concevoir que l’auto-évaluation soit possible dans certains degrés et pas dans d’autres. La notion de qualité est vraie pour tous les degrés de la formation.
Si le processus d’auto-évaluation est réellement construit à/de l’intérieur de l’école, en lien étroit avec la réalité du terrain, s’il bénéficie des ressources nécessaires, il participe au renforcement du projet d’établissement (esprit d’équipe, clarification des objectifs communs, …).
4. Pensez-vous qu’il faille, pour les écoles du degré secondaire II, souhaiter une unité de démarche avec l’OFFT ?
Pour répondre à cette question, il est impératif de définir le sens du mot « unité ».
OUI, si « unité » signifie cohérence, harmonisation.
NON, si « l’unité » dont on parle est d’amener tout le post-obligatoire conforme aux normes ISO en vigueur dans le monde économique.
NON, si l’évaluation telle qu’envisagée ici demeure « l’écran de fumée » qui cache des pratiques inchangées.
5. Serait-il souhaitable de développer de telles normes aussi pour l’évaluation externe ?
A noter qu’actuellement seule une évaluation externe existe et que son exercice varie en fonctions des lieux, des structures institutionnelles, des personnes désignées, etc.
A la question de savoir s’il est souhaitable de développer de telles normes aussi pour l’évaluation externe, le SER répond OUI, MAIS il assortit sa réponse positive à des conditions indiscutables.
Le développement de telles normes doit demeurer du ressort de l’autorité politique scolaire. Cette dernière mandate les instituts de recherche comme l’IRDP à Neuchâtel, externe à l’autorité politique cantonale. Mais en aucun cas un tel mandat ne doit être attribué à des bureaux de consultants style NPM.
6. Quel rôle revient aux élèves dans l’auto-évaluation des écoles ?
Dans les standards minimums tels que proposés pour l’auto-évaluation des écoles, l’élève n’a aucun rôle à jouer. L’expérience de pratiques participatives non concertées a donné lieu à des dérives négatives et rendu les enseignants méfiants à juste titre.
OUI, si le projet d’établissement est co-construit avec les élèves. Toutefois, il convient d’en déterminer les règles de fonctionnement, les modalités d’évaluation, etc.
7. Quelle valeur, en termes de développement de l’école, faut-il accorder à l’auto-évaluation par rapport à l’évaluation externe ?
Par rapport à l’évaluation externe, l’auto-évaluation fait figure de valeur première dans la définition du SER lorsqu’elle se co-construit à l’intérieur de l’école. Elle favorise par là l’émergence du débat sur la pratique enseignante.
L’auto-évaluation met l’accent sur l’évaluation interne et conduit, petit à petit, à l’abandon de l’évaluation externe.
Points positifs :
- clarification des objectifs à l’interne d’un établissement,
- processus idéal pour l’appropriation des objectifs par l’équipe enseignante,
- augmentation du sentiment de liberté professionnelle,
- …
8. Quel rang revient à l’évaluation des processus par rapport à l’évaluation des performances des élèves ?
Auto-évaluation = évaluation des processus Evaluation externe = évaluation des performances des élèves
9. Quelle est votre réaction aux commentaires qui accompagnent les normes ? Avez-vous des modifications à proposer ?
Pour la réponse à cette question, veuillez vous référer au document ci-joint.
10. Etes-vous intéressés à poursuivre les travaux sur ce sujet ? Quels sont les personnes ou les organes avec lesquels il serait possible de coopérer ?
OUI, le SER est acquis à l’idée de poursuivre les travaux. Il précise toutefois que pour lui, « poursuivre les travaux » ne signifie en aucun cas une caution à la mise en application générale du système d’auto-évaluation tel que présenté dans le document soumis à consultation. Les considérations contenues dans le document ci-joint précisent sa pensée.
Avec qui poursuivre les travaux ? Avec la CIIP et la CDIP.
Pour le Syndicat des Enseignants Romands Marie-Claire Tabin, Présidente
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