Chacun a pu prendre connaissance de l’information délivrée par les médias en ce qui concerne la probable1 augmentation de salaire des enseignants. Le lecteur lambda a très vraisemblablement pensé qu’il s’agissait d’une amélioration du statut de ces derniers. La proposition du Conseil exécutif d’augmenter le salaire de base de 1,5% a très certainement été perçue dans ce sens. Il n’a cependant pas été précisé, qu’il s’agirait en fait de faire passer le salaire de base (échelon 3)2 à 99% au lieu de 97,5% (rappel : le salaire de base est descendu progressivement jusqu’à 96% en l’an 2000). Il resterait donc en dessous de sa valeur initiale alors que le coût de la vie n’a lui pas arrêté d’augmenter véritablement. Une autre information d’importance a été (volontairement ?) occultée: le principe d’harmonisation des statuts de la fonction publique, pourtant au centre de la campagne des défenseurs de la nouvelle LSE dans le cadre du référendum de l’automne dernier, est « tué dans l’oeuf ». En effet, alors que la grille salariale des employés de l’Etat prévoit une augmentation de 160%, la nouvelle grille des enseignants s’arrêterait à 157,75%. Une telle décision impliquerait par conséquent un plafonnement des salaires de fin de carrière encore plus marqué qu’actuellement, sans tenir compte du fait que peu d’enseignants y arrivent en bon état ! En guise de conclusion rappelons ici que, selon les documents officiels du canton, « le retard accumulé depuis 1993 dans la compensation du renchérissement atteignait 9,23% à la fin du mois d’octobre 2005 ». Alors à vous de juger si l’on peut honnêtement parler d’ « augmentation » des salaires des enseignants. 1 la décision appartient au Grand Conseil qui débattra de cet objet en novembre prochain
2 suite aux différentes manipulations dans la grille salariale, les nouveaux collègues ont reçu d’emblée respectivement 1, 2 et aujourd’hui 3 échelons. L’échelon 0 est descendu quant à lui à 88% ! |