Le Conseil d’Etat a osé ! Pour lui, la formation n’est clairement plus une priorité absolue. Tout heureux qu’on les lui serve ainsi sur un plateau, il a repris à son compte la plupart des propositions émises par les directeurs d’école. Pire, obnubilé par les économies à réaliser, il est resté sourd à tous les appels à étendre la concertation, à agir en cohérence avec ses propres déclarations, à mesurer les conséquences de sa politique sur le long terme … Sa responsabilité, face à l’histoire, sera lourde ! Avec la suppression de certaines formations, n’est-ce pas l’augmentation de la délinquance qu’il programme ? Nous pensions, assurément un peu naïvement, que la gravité de la situation impliquerait davantage de concertation entre les différents partenaires de l’école publique pour tenter de trouver des solutions acceptables, parce que réalistes, et, surtout, préservant l’avenir. Hélas, rien ne s’est déroulé ainsi. Tout s’est joué dans la complicité qui s’est établie, de fait, entre les directeurs d’école et le département tout heureux de trouver des cadres de l’enseignement aussi coopératifs. En l’absence d’une consultation véritable – nous avons dû, lors de deux réunions, nous contenter d’accepter ou, surtout, de refuser des mesures que nous n’avions pas eu le temps d’étudier – ni la responsabilité des enseignants, ni même celle des parents ne seront donc engagées. Par contre, tous ceux qui, aujourd’hui, par leurs propositions ou par leurs décisions font peser de lourdes menaces sur la qualité de l’enseignement et procèdent au démantèlement des prestations en matière de formation devront bien assumer la leur devant l’histoire. Que diable sont-ils allés faire dans cette galère, tous ces directeurs ? Sans doute, ont-ils cherché des solutions dans un esprit pavé, comme l’enfer, de bonnes intentions. Pourquoi n’ont-ils pas, eux, consulté « leurs » enseignants au sujet des mesures envisagées ? Pourquoi s’en sont-ils pris aussi aux décharges, y compris celles pour raison d’âge, dont bénéficient certaines catégories alors qu’ils devraient être les premiers à savoir, parce qu’ils côtoient ces collègues au quotidien, qu’elles sont pleinement justifiées ? N’avaient-ils pas la liberté de refuser d’effectuer cette sale besogne, eux dont le DECS n’est pas l’autorité de nomination ? Le Conseil d’Etat, relayant le département, a eu beau jeu de se disculper en signalant qu’il n’a fait que reprendre les mesures qu’ils lui ont proposées. Dans un premier temps, certes, on peut, au cours d’une « tempête de cerveaux », émettre, sans les censurer, toutes les idées qui surgissent. Ensuite vient obligatoirement le travail de tri dans lequel la raison, le bon sens, une vision de l’avenir doivent intervenir. « L’homme est un roseau pensant » affirmait Pascal. On peut émettre quelques doutes puisque les mesures annoncées semblent avoir un caractère définitif … Il faudra attendre la rentrée scolaire d’août prochain pour se faire une première idée des conséquences des décisions prises. On ne fermera pas des classes là où les élèves ou les apprentis seront suffisamment nombreux. Je suis plus inquiet quant à la disparition de certaines filières ou à la suppression de certaines prestations dans le domaine de la formation professionnelle. Parce que cela ne touche guère les plus « privilégiés » du secteur post-scolaire, on ne manifestera pas comme lors de la suppression d’une chaire de latin à l’université. On ne sollicitera pas un éminent professeur à la Sorbonne pour défendre la cause … Le Conseil d’Etat pourtant à majorité de gauche, obnubilé par l’équilibre des finances, impose des sacrifices lourds de conséquences, surtout pour les catégories sociales les plus défavorisées. Le temps n’est-il pas venu pour lui de trouver de nouvelles recettes afin d’assurer un avenir serein à notre jeunesse et à un canton à capacité financière moyenne ? Tous ceux qui, aujourd’hui, par leurs propositions ou par leurs décisions font peser de lourdes menaces sur la qualité de l’enseignement et procèdent au démantèlement des prestations en matière de formation devront bien assumer leur responsabilité devant l’histoire. Encadré Mesdames, venez ! Le Comité central cherche désespérément des collègues femmes de tous les degrés qui acceptent de consacrer un peu de leu précieux temps aux affaires syndicales (10 réunions par année). Il les accueillera avec un grand plaisir. |