A cette veille des vacances, nous rêvons de plages, africaines, pourquoi pas ? Pour vous évader, je vous propose l'histoire d'un collègue qui s'investit à fond pour ce continent vraiment sinistré par endroits. Enseigner à Bienne et réaliser des projets humanitaires en Afrique est possible. Thierry Stegmüller ne le démentira pas. Un enseignant au parcours inédit qui ne supporte pas de rester les bras croisés dans une société trop aisée… Il a plein d'histoires à raconter sur la mangrove ivoirienne ou sur les griots de Dakar. Licencié Etudiant, Thierry cherchait déjà l'originalité et souvent dans la contestation. Pour financer ses études, il enseignera quelques heures hebdomadaires dans une institution. Là aussi, il laissera son empreinte. Pour son travail de licence géographie – ethnologie, il partira pour Fresco, une petite ville côtière ivoirienne, pendant quatre mois. De ce travail d'étude découlera une licence très brillamment obtenue. Et de ce séjour naîtra le désir profond d'aider, même de manière modeste, la population autochtone. Un premier projet sera lancé : financer l'opération pour une jeune personne, souffrant d'une hernie vraiment disgracieuse, pour un coût de mille de nos francs. Pour être crédible, vis-à-vis des donateurs, Thierry et son amie Céline créent l'association African Soul. Les fonds seront versés sur le compte de cette œuvre. Ils seront récoltés grâce à l'organisation de concerts, ainsi qu'à la médiatisation du projet. Et ça continue Dans le collimateur d'African Soul tomberont respectivement la bibliothèque de l'école de Fresco, la construction d'un lieu d'attente couvert (apatam) devant le dispensaire, ainsi que la réalisation d'un puits avec pompe et château d'eau pour les quelque 250 élèves de l'école. Sa licence en poche, Thierry entreprend la formation pour l'enseignement spécialisé. En troisième année de formation, pour son stage d'école différente, il part pour Dakar, afin de faire connaissance avec l'école de la Rue Tolbiac. Il passera deux semaines à enseigner au fond d'une arrière-cour poussiéreuse, dans un bâtiment délabré et un container métallique ! De retour en Suisse, (c'était au printemps 2004) il va concevoir son cinquième projet : améliorer les conditions d'enseignement de cette école de rue. Tout récemment, ce projet vient d'aboutir. L'inauguration a eu lieu en présence de notables et des griots, qui sont les musiciens locaux officiels de toute manifestation. Entre temps, T. Stegmüller a suivi d'autres formations et se trouve actuellement enseignant au gymnase de la Rue des Alpes, à Bienne. Et dès la rentrée prochaine, il animera, en compagnie d'un collègue ghanéen, un atelier de sensibilisation et de réalisation d'un projet d'entraide humanitaire. Vos prochaines vacances en Afrique ? Où qu'elles soient, je vous les souhaite excellentes ! |