Les enseignants discriminés ?
Neuchâtel - 26/05/2006

Depuis 1992, toute la fonction publique subit, de plein fouet, des ponctions salariales répétées : réductions de traitement, contributions de solidarité, indexations incomplètes … Le gouvernement précédent a accordé aux seuls fonctionnaires de l’administration de notables améliorations touchant à la durée du temps de travail.

Alors que le Conseil d’Etat actuel entend diminuer la pression sur les salaires, les enseignants pourraient bien se retrouver dans une situation complètement absurde. Non seulement, ils n’ont obtenus aucune mesure compensatoire mais, pire, ils risquent de voir leurs conditions de travail être péjorées par une diminution voire une suppression pure et simple des décharges et, cerise sur le gâteau, une augmentation des effectifs de classes.

Une telle discrimination n’est pas tolérable !

Lorsqu’il s’agit de passer à la caisse, les enseignants appartiennent clairement à la fonction publique ainsi que l’indique la loi sur le statut de 1995 et les règlements qui en découlent. Depuis 1992, ils ont subi les mêmes ponctions salariales répétées que leurs collègues de l’administration : deux diminutions du traitement de 2,5%, de nombreuses contributions au coût de la vie incomplètes voire limitées au minimum de 0,1%, les augmentations de la cotisation à la caisse de pensions, le non versement d’une haute-paie ou d’un échelon … J’en oublie sans doute. Ces restrictions cumulées occasionnent une perte du pouvoir d’achat qu’on peut estimer à près de 20%.

Le précédent gouvernement en fonction entre 2001 et 2005 a signé un accord prévoyant un rattrapage échelonné de 4%. Il nous doit toujours le dernier pour-cent ! A son crédit, il faut reconnaître qu’il a octroyé aux fonctionnaires de l’administration des améliorations significatives de la durée du temps de travail : semaine de 40 heures, augmentation des jours de congé et des vacances.

A l’époque, nous avons sincèrement applaudi à ce que nous considérions comme une avancée sociale importante. Nous pensions, naïvement, qu’elle nous permettrait de faire progresser, en compensation, certaines de nos revendications, notamment celles portant sur l’augmentation de la décharge pour raison d’âge, l’avancement du moment auquel on y a droit et la possibilité de l’obtenir au prorata du temps travaillé. Nous risquons bien de n’avoir que les yeux pour pleurer.

Le Conseil d’Etat, à majorité de gauche, issu des élections d’avril 2005, a décidé, pour ramener le déficit dans les limites fixées par les lois sur les mécanismes de frein, à l’endettement, d’attribuer une enveloppe budgétaire à chacun des départements. Au DECS, les salaires représentent jusqu’à 95% des dépenses pour l’enseignement obligatoire.

Lors de plusieurs séances réunissant les représentants des syndicats ou associations du personnel, M. Jean Studer a clairement exprimé la volonté du gouvernement d’établir avec la fonction publique des relations basées sur la confiance et la transparence et, surtout, dans les temps difficiles qui l’attendent, de diminuer absolument la pression sur les salaires (cf propositions dans le « A savoir » ou sur notre site).

Nous les enseignants, nous pourrions nous retrouver dans une situations totalement absurde : les maigres améliorations salariales que nous aurions patiemment négociées et obtenues, avec nos autres collègues de la fonction publique, impliqueraient, ipso facto, une péjoration de nos conditions de travail : diminution voire suppression de décharges, ce qui signifierait, en clair, une augmentation du temps d’enseignement et de tout ce qui en découle.

Le Conseil d’Etat décidera-t-il une telle injustice ? Si tel est le cas, nous combattrons farouchement cette discrimination intolérable.

Le précédent gouvernement en fonction entre 2001 et 2005 a signé un accord prévoyant un rattrapage échelonné de 4%. Il nous doit toujours le dernier pour-cent !

 
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