Le 10 mars 2005, le Gouvernement lançait une large consultation sur la réforme de l’enseignement aux niveaux secondaire II et tertiaire. Les réponses étaient attendues pour le 22 avril 2005. Le délai paraissant très court, la période comptait de plus les vacances scolaires de Pâques, plusieurs demandes émanant de différents milieux réclamèrent une prolongation de délai. Rien n’y fit. La raison évoquée alors était qu’un calendrier strict avait été élaboré pour parvenir à mettre en place l’ensemble du dispositif pour le 1er janvier 2007. Pour 2005, le calendrier diffusé avec la consultation prévoyait l’adoption par le Parlement de la loi sur l’organisation de l’enseignement des niveaux secondaire II et tertiaire. Découlant de ce texte fondamental, il était également prévu que s’effectuent la même année, « la mise en place progressive du Centre de formation jurassien, la restructuration progressive du DED, la poursuite de l’analyse juridique et financière, la rédaction de la loi sur l’enseignement des niveaux secondaire II et tertiaire ainsi que des règlements et ordonnances nécessaires ». Le projet de loi n’a été transmis par le Gouvernement à la commission parlementaire de l’Education qu’en décembre dernier. A ce jour, aucun autre texte légal promis n’a été diffusé. La responsabilité du retard pris incombe exclusivement au Gouvernement. La commission de l’Education a travaillé intensément sur ce dossier, tenant, depuis le 21 décembre 2005, huit séances essentiellement consacrées à ce projet. Ce n’est qu’après la séance du 20 avril 2006, durant laquelle des décisions fondamentales ont été prises, que les propositions de majorité/minorité de la commission ont été envoyées aux Députés pour la première fois sous forme écrite. Les mieux servis par la poste les ont reçues le samedi 22 avril, 5 jours avant le débat parlementaire. Détail intéressant, lors de cette importante séance, le Ministre de l’Economie, porteur du dossier, était excusé. Il est vrai que c’était encore les vacances scolaires de Pâques … En commission, à plusieurs reprises, des Députés ont émis des doutes quant au passage de ce dossier en avril et en mai au Parlement. A chaque fois, ils ont été accusés de vouloir faire obstruction à cette réforme. D’autres remarques faites à des commissaires qui posaient des questions sur un article ou un autre indiquent qu’un climat délétère régnait manifestement dans la commission. C’est dans ces conditions que le débat de première lecture s’est déroulé le 26 avril. Des options y ont été prises. Elles peuvent encore changer en 2e lecture le 24 mai (dans 3 semaines au moment où ces lignes sont écrites). Nous y reviendrons. Notre propos aujourd’hui n’est pas de parler du fonds, mais de dénoncer une démarche gouvernementale sur un dossier essentiel pour la formation dans le Jura. Sa manière de procéder, imposer plutôt que convaincre, a enlevé la sérénité souhaitable et souhaitée dans le débat autour de cet important projet. Entre le retour des réponses à la consultation et la 1ère lecture au Parlement, il s’est écoulé 369 jours. Les Députés en ont eu 5 pour étudier véritablement les différentes propositions. Et tout cela sans avoir connaissance d’aucun projet de texte d’application. Délicat, surtout que le message annonce des économies réalisables mais sans dire où. Rencontre parlementaire Le Comité central du SEJ, accompagné de représentants du SEJ-Professionnel, a rencontré le 11 mai les députés enseignants, entre les deux lectures de la loi d’organisation de l’enseignement et de la formation des niveaux secondaire II et tertiaire, pour leur faire part de la position et des arguments du syndicat. Nous reviendrons sur le dossier dans une prochaine édition. |