Jean-Claude Savoy, en observateur attentif, a fort bien évoqué la rencontre organisée dernièrement par la CODICOVAR. Cette matinée d'échange a réuni à la même table les représentants des milieux professionnels et de l'école. Le souci d'une meilleure coordination entre le cycle d'orientation et le monde professionnel est également porté par le comité de l'AVECO. Cette année, dans ce domaine, nous avons dirigé notre regard vers deux points sensibles: les tests d'entrée et les élèves "largués". La multiplication des "multicheck" et leur généralisation nous a poussé à rencontrer M. Joseph Métrailler, Directeur de l'Ecole des Métiers du Valais (EMVs). Cette rencontre très fructueuse nous a permis notamment de nous défaire de plusieurs préjugés et mêmes d'idées fausses face à ces fameux tests d'aptitudes. Comme pour tous les outils, c'est la manière de les utiliser qui détermine la valeur de leur action. En nous présentant plusieurs cas concrets de candidature, M. Métrailler nous a montré que le test – Basic-check en l'occurrence - n'était qu'un moyen supplémentaire d'appréciation et qu'il corroborait très largement les évaluations scolaires tout en apportant un éclairage supplémentaire au niveau des aptitudes professionnelles attendues. Les notes scolaires, les stages et l'entretien individuel restent les éléments essentiels surtout dans l'appréciation déterminante de la motivation du jeune. M. Métrailler nous a confirmé l'importance de la valeur attribuée aux résultats scolaires qui demeurent un indicateur primordial en matière d'orientation scolaire. Il serait néanmoins intéressant d'avoir des tests de référence communs et de pouvoir établir des profils de compétences permettant d'affiner la communication relative aux connaissances et compétences acquises par un élève en fin de 3CO. Le projet HarmoS devrait nous apporter ces outils dans quelques années. Quant au coût d'un "Basic-check" (110 frs) il est pris en charge en grande partie par l'école qui ne facture que 30 francs de frais administratifs aux candidats pour éviter des inscriptions abusives. Il est à noter que le test "appartient" à l'élève, qui peut le faire valoir dans d'autres entreprises. L'Ecole des Métiers du Valais nous a démontré une utilisation prudente, réfléchie et justifiée de ces tests, reste à croire et à espérer que toutes les autres entreprises de ce pays en font de même! Le deuxième axe de notre réflexion nous a amené à rechercher des solutions pour offrir également des débouchés professionnels aux élèves "difficiles" de nos cycles d'orientation. Ils ont accumulé des retards scolaires importants, posent bien souvent des problèmes disciplinaires et sont parfois "abandonnés" par des parents "dépassés". Alors que l'école a une certaine hâte de les abandonner au monde professionnel, ces jeunes, en rupture, en manque de motivation, ne se sentent souvent pas prêts à affronter l'univers professionnel et cherchent donc à temporiser. Malgré le suivi de l'orientation scolaire, leur recherche d'apprentissage s'arrête souvent aux premières difficultés, ils subissent ou fuient les stages et attendent, comme leurs parents, que l'école leur offre une, voire plusieurs années supplémentaires d'un relatif confort. Pour ces jeunes-là, nous pensons qu'il est urgent de poursuivre le développement de structures mixtes du type préapprentissage. Ils ont besoin d'un renforcement des notions de base ainsi que d'un accompagnement pour leur donner une chance de trouver et de poursuivre un apprentissage. Les constats et les mesures concrètes proposés lors de la rencontre Ecole – économie de la CODICOVAR ainsi que le reflet des réflexions faites au sein de notre comité seront évoqués plus en détail dans un prochain article. Laurent Emery |