mais l’initiative de la Conférence des directeurs des Cycles d’Orientation du Valais Romand (CODICOVAR) qui a réuni le jeudi 9 mars dernier divers responsables scolaires et représentants de l’économie a le mérite de montrer qu’il est possible de se parler en dépassant les vieux clichés. Le centre de formation des apprentis de Monthey avait été choisi par la CODICOVAR pour une matinée d’échanges à propos de la transition école-monde professionnel. La tâche des responsables de la formation des apprentis n’est guère aisée, dans une société qui valorise largement les études. Un patron de PME a déploré la baisse du niveau scolaire des jeunes qui commencent un apprentissage. Il a demandé avec insistance que les programmes scolaires se recentrent sur l’essentiel : lire, écrire, compter, calculer. Un responsable du secteur formation de La Poste a relevé au contraire la qualité des jeunes Valaisans qui commencent leur formation. Comme toujours dans pareille rencontre, les phénomènes de société et le manque d’implication des parents ont été évoqués. Sans oublier bien sûr la paresse des jeunes, qui ont été élevés dans une société qui privilégie les loisirs et le succès rapide. Trop facile. Est-on vraiment sûr que la génération des « quinqua » a eu une jeunesse plus difficile et qu’elle ne songeait qu’au travail ? Elle rêvait de Katmandou, se réunissait à Taizé, bousculait les interdits, s’échappait à vélomoteur et courait les boums. L’avenir semblait dégagé, il y aurait du travail pour tous et pour toujours. Le lendemain serait plus souriant que la veille. Rien de tout cela aujourd’hui. Un jeune de 15 ans qui se retrouve sur un chantier a quelque peine à se projeter dans l’avenir. On est loin du slogan que l’on découvrait affiché partout et qui disait : « Bâtis ton avenir : deviens maçon ! » Alors arrivent vite les solutions simplistes : - L’école doit arrêter de saupoudrer. Elle doit revenir à l’essentiel. La règle de trois et le complément d’objet direct. - L’école doit être exigeante. - L’école doit être dure et arrêter du placer l’élève dans un cocon protecteur. Heureusement, des pistes plus sérieuses ont été évoquées : - L’entrée dans le monde du travail doit être repensée, adoucie. La transition entre l’école, lieu d’essais et d’erreurs par excellence, et l’entreprise, lieu où l’erreur coûte cher, est trop brutale. Il faut donc prévoir des va-et-vient plus souples entre école et place de travail. - Les diverses professions ont à améliorer leur image. L’exemple de celles du bois, revivifiées après des campagnes de presse intensives, a été cité. - On devrait montrer aux jeunes qu’il est possible d’apprendre plusieurs métiers successivement. - La verticalité des programmes scolaires entre l’école primaire, le cycle d’orientation et les cours professionnel doit être largement améliorée. - Du côté de l’école, il faut sans doute montrer que les apprentissages peuvent aussi être des choix autre que par défaut et que l’on peut avoir de riches projets de vie sans nécessairement avoir passé par les « prestigieuses » voies gymnasiales. Par son initiative, la CODICOVAR a montré que l’école et l’économie pouvaient se parler et se comprendre. Le mouvement doit être poursuivi, voire institutionnalisé sous l’égide des départements directement concernés. Pour les fiançailles, on attendra quand même… Jean-Claude Savoy Président de la SPVal Une question de Jean-François Lovey est demeurée sans réponse. Qu’ont fait les entreprises pour s’adapter à des jeunes qui arrivent pour beaucoup d’entre eux mois motivés, souvent après des parcours scolaires cahotiques, et qui se trouvent face à des exigences de rendement et de qualité encore accrues ? |