Où Mme la Ministre vaudoise de l’Economie se montre bien irritable, prend indirectement parti dans le débat sur l’école et se montre un peu imprudente… Premier tableau Au printemps 2005, la SPV et l’Association vaudoise des conseillers en orientation (AVCO) rappellent que la responsabilité de l’entrée des jeunes dans la formation professionnelle doit être partagée entre les acteurs politiques de l’école et ceux de l’économie. La SPV et l’AVCO agitent le grelot sur cette question et convient à un sursaut d’énergie partagée. En décembre, le Département de la Formation et de la Jeunesse , sensible à cet appel, tient une conférence de presse relative aux actions et moyens mis en place pour répondre aux difficultés des jeunes dans le domaine de la transition école-métiers. Interrogé sur les mesures prises, le Président de la SPV relève l’absence du Département de l’Economie à cette conférence et la dénonce. Cette dénonciation est reprise publiquement par voie de presse. Mme Jacqueline Maurer, Cheffe du Département de l’Economie s’en offusque et adresse un courrier au président de la SPV qui s’appuie sur le fait - en le regrettant - que le Service de la formation professionnelle dépend du Département de la Formation pour justifier de son mutisme. Éludant le fond de la question, la ministre renvoie le président de la SPV à « ses propos déplacés, qui décrédibilisent l’institution qu’il représente ». Second tableau A mi-septembre 2005, dans la cadre du Comptoir suisse, la Cheffe du Département de l’Economie est instigatrice, avec d’autres partenaires, comme la BCV ou la Fédération patronale vaudoise, d’une manifestation intitulée « Forum de l’économie vaudoise ». On y invite Jean Romain comme seul intervenant, pour débattre des enjeux et responsabilités de l’école obligatoire,. Afin de rendre compte de cette intervention unilatérale, on utilise les deniers du peuple pour reproduire en quadriphonique luxueuse dans l’organe officiel de la Banque Cantonale Vaudoise - sans distance, ni contre-éclairage - les propos de ce pourfendeur des réformes[1]. Alors qu’elle affirme que ce n’est ni son champ d’activités ni de compétence, Mme la Ministre de l’Economie a néanmoins apparemment choisi son camp. Troisième tableau Février 2006. « C’est lui qui m’a appris à voler… dans les airs », confie, sur les ondes de la RSR, le président d’un club de vol à voile victime vraisemblable des agissements d’un conseiller-stratégique de Mme la mi sistre à un Pascal Décaillet tout heureux de cette saillie. Car, alors que la presse a subodoré une crise latente, la Ministre de l’Economie - naïve et, selon ses dires, trahie - n’a pas su se défaire à temps de ce conseiller apparemment indélicat, au demeurant vélivole émérite. Dans ce contexte, une enquête est ouverte, contre inconnu (!), pour délit d’initié, pour s’assurer qu’à l’automne 2004, les acheteurs d’actions de la BCV, ne disposaient pas d’informations privilégiées. Ledit conseiller stratégique étant un des acteurs-clé de cette vente d’actions. A chacun sa croixLes 3 tableaux ci-dessus permettent-ils de monter une exposition qui fasse sens ? on peut en débattre. En revanche, si l’on organisait un concours de décrédibilisation des institutions qu’il et qu’elle représentent respectivement, Madame la Ministre aurait de grandes chances de l’emporter sur le président de la SPV. Comité cantonal de la SPV
[1] Point Forts, magazine économique de la BCV, no 7, d’octobre 2005 |