Demande d’ouverture de négociations
Jura - 10/03/2006

Le Comité central du SEJ, dans sa séance du 22 février dernier, a décidé d’écrire au Gouvernement pour lui demander officiellement d’ouvrir des négociations quant à la revalorisation de la rémunération des maîtresses enfantines jurassiennes.

L’échelle des traitements « Enseignants », valable pour 2006, fait apparaître que le salaire mensuel d’une maîtresse enfantine est fortement inférieur à celui d’un-e enseignant-e primaire : de 724 à 1’324 francs, selon les annuités. Aucun argument ne justifie une telle différence. Au contraire.

Si l’on se réfère à des critères comparatifs objectifs, on constate que :

1.      Le nombre de périodes d’enseignement est identique au préscolaire et au primaire ;

2.      La formation dispensée par la HEP-BEJUNE délivre désormais un diplôme unique valable pour les niveaux d’enseignement préscolaire et primaire ;

3.      Une formation complémentaire, appelée -2+2 est offerte aux enseignant-e-s préscolaires et du premier cycle primaire dans l’espace BEJUNE. Il est même question de reconnaître ce complément pour une autorisation d’enseigner dans les degrés -2 à +6;

4.      Cette similitude des enseignements préscolaire et primaire vient d’être implicitement reconnue par la CDIP, le 16 février 2006, qui propose de rendre l’école enfantine obligatoire, portant ainsi la scolarité obligatoire de 9 à 11 ans.

D’autres arguments méritent d’être également pris en compte.

L’importance du dépistage de problèmes particuliers chez les élèves dans les premiers degrés de scolarité (obligatoire ou non) par exemple. Afin de pouvoir les appréhender correctement et rapidement, cette démarche demande une implication élevée des enseignantes. Le travail effectué alors est profitable pour l’ensemble du parcours scolaire des enfants concernés, et par conséquent, pour les enseignants sous la responsabilité desquels ces élèves sont placés ensuite.

L’intensité de l’heure d’enseignement au préscolaire est aussi une réalité. Les enfants sollicitent en permanence l’enseignante. Celle-ci, par le manque, pour ne pas dire l’inexistence de moyens d’enseignement, doit être apte, avec les outils qu’elle s’est elle-même créés, à s’adapter rapidement aux circonstances qui se présentent en classe. Comme le disait une collègue, « chaque semaine pour nous est une semaine hors cadre ». 

Il faut rappeler encore que le Gouvernement dans son message au Parlement du 9 novembre 2004 concernant la modification du décret sur les traitements des membres du corps enseignant, annonçait sa volonté de présenter dans les deux ans au Parlement un dispositif de revalorisation de la rémunération des maîtresses enfantines. Les considérations qu’il développait alors pour justifier une telle mesure n’ont en rien perdu de leur pertinence par le refus du Parlement le 23 février 2005, du décret mentionné ci-dessus. Il ne reste plus qu’une année au Gouvernement pour tenir ses promesses.

Le rapport d’activités 2005 du Bureau de l’Égalité vient d’être diffusé. Il n’a pas chômé. Il a notamment mené une campagne à propos de la publicité sexiste et une autre concernant les jouets sexistes. Mais, une nouvelle fois dirons-nous, pas un mot d’une action contre les salaires sexistes. Nous l’invitons donc à s’intéresser à celui des maîtresses enfantines.

 

Les nouveaux contrats des formateur-trice-s de la HEP-BEJUNE sont arrivés. Il apparaît que le rapport « salaire/temps de travail » fait que les formateur-trice-s verront leur revenu diminué effectivement d’au moins 5,3%. Les droits acquis ne sont donc pas garantis, contrairement à ce qu’affirme le Comité stratégique.

D’autres éléments sont encore contestables : détermination des échelons (anciennement annuités) en tenant compte du taux d’occupation des années précédentes (!) ; flexibilité exigée des employé-e-s à temps partiel les empêchant pratiquement de trouver une occupation complémentaire ; temps de travail annuel identique quel que soit le nombre de jours fériés effectifs dans l’année …

Nombre de formateur-trice-s s’interrogent sur le lancement d’une procédure d’opposition à ces nouveaux contrats. En tous les cas, ils se sentent floués. Le nouveau statut harmonisé doit faire l’objet d’un bilan dans les 3 à 4 ans. La démarche doit commencer immédiatement afin de rétablir un climat de confiance qui ne peut être que bénéfique à l’institution.

 
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