Les conséquences d'une modification de loi sont multiples. Surtout si celle-ci est soumise au référendum facultatif. Gare aux retards ! Qu'est-ce qui se trame exactement au Rathaus à Berne ? Un groupe de députés a réussi à faire modifier une loi que le peuple avait votée en septembre dernier et qui n'est pas encore entrée en vigueur ! Au cours de sa session de janvier, le Grand Conseil a accepté une motion visant à modifier la loi sur le statut du personnel enseignant (LSE), à laquelle le peuple a donné son aval en septembre dernier. La motion en question, émanant de la Liste Libre, de l'UDC et du Parti Evangélique, demande que le salaire des enseignants débutant dans la profession soit rehaussé de 97,5 % à 99 % du salaire initial valable sous l'ancien régime de la LSE. Ainsi, le Grand Conseil ne respecte pas la décision populaire. En l'occurrence, c'est tout avantage pour les jeunes enseignants. C'est peut-être aussi une reconnaissance de la campagne que nous avions menée contre la nouvelle LSE ? Dans ce cas, le coup de main arrive un peu tard… C'est aussi une longue série de tracasseries de tous genres pour le Gouvernement. Il faudra une main bien experte pour démêler les échevaux juridique, administratif et financier découlant de cette décision. Il faut préciser qu'au moment du vote, certains députés se sont lavé les mains (lisez : abstenus) concernant la rétribution des enseignants. Ils pensent toujours que ceux-ci ont un poil dans la main ! M. Mario Annoni a eu beau lever la main pour faire stop. Ainsi a-t-il été pris la main dans le sac pour double langage; lui qui annonçait, la main sur le cœur, sa volonté d'augmenter les salaires de la fonction publique voici peu. Mais rien n'y fit. La motion a passé. Faut-il en conclure que Parlement et Gouvernement ne marchent pas la main dans la main, donc que la main droite ne sait pas ce que fait la main gauche ? Il s'agit donc pour le Gouvernement de mettre la main à la pâte pour que la nouvelle loi déjà révisée puisse entrer en vigueur dans le délai prévu. Mais rien n'est moins sûr, affirme la presse régionale du 25 janvier. Car Mario Annoni a rappelé que toute modification de la loi implique un examen par le parlement, ainsi qu'une nouvelle soumission au vote facultatif. Ce qui fait qu'en août 2006, cette loi ne sera vraisemblablement pas opérationnelle entre les mains du département. Il faudra par conséquent patienter jusqu'à la rentrée 2007. De notre côté, on ne pourrait que s'en frotter les mains… P.S. A l'heure où je rédige ces lignes, (début février) mes pensées vont avant tout au personnel de la Swissmetal Boillat, où, d'un revers de main des plus méprisants, les dirigeants balaient les intérêts les plus élémentaires des travailleurs. Face à cette situation, je ne peux pas rester les mains dans les poches ! Photo Nombreux sont ceux qui se lavent les mains lorsqu'il est question des intérêts des salariés ! |