Tu n’as aucune chance… Saisis-là ![1]
Vaud - 16/12/2005

Pendant qu’on interdit aux enfants de s’asseoir sur les genoux du Saint-Nicolas, d’autres comptent leur faire subir des outrages d’une bien plus étrange manière !

Tout devrait conduire à l’exécration. Au final, c’est pourtant une certaine empathie qui l’emporte.

Dans les banlieues françaises, à notre connaissance, la majorité bénéficie du gîte et du couvert et - le plus souvent - de revenus sociaux. Aulnay-sous-Bois ou les faubourgs de Toulouse, c’est quand même pas les bidonvilles de Lagos. Dès lors, cracher dans le potage semble pour le moins inapproprié. Surtout quand on salit sa propre soupière. Cette danse macabre, menée par des bad boys (où sont les filles ?) pas si malins que ça - et peu résistants au Kärcher sarkozien ; près de 3000 se sont fait choper - paraît relever d’abord de la rage, plutôt que du franc message politique.

Pourtant la cause est là. Si brillamment éclairée qu’elle aveugle le plus grand nombre. Ce n’est pas d’abord une histoire de Noirs et de Beurs. Ni en premier une fronde islamique. Ce n’est pas non plus une révolte de chômeurs. Quand bien même cela attise ce feu momentanément circonscrit.

La vérité est ailleurs : Dans cette Guerre des Mondes qui s’ignorent. Qui se désirent. Qui se haïssent. Dans la totale absence - pour faire court - de mixité sociale qui habite ces zones de relégation.

Ecoutez un « comique » comme Djamel. Ça vaut 40 traités de sociologie. Du Bourdieu brut de décoffrage. Les ZEP ? Dans mon collège, on était tous des derniers de la classe ! T’as aucune chance… mais saisis-la !

Tout est dit ! Devant l’immensité de la tâche, qui consisterait à faire se mêler les origines et les statuts, le politique est tétanisé. La femme de Lot, pétrifiée devant Sodome et Gomorrhe. Tous responsables. Tous coupables. Tous… Donc personne au final !.

Si elles n’étaient déshonorantes, on pourrait rire des pauvres réponses du pouvoir[2] : A l’usine à 14 ans, puisque vous n’aimez pas l’école. Au service civil, pour apprendre la compassion ! Des bourses pour les méritants et que les autres restent dans la panade ! Consternant, infâme et infamant.

Chez nous, rien à signaler. Pour l’instant ! Le darwinisme scolaire est en place. Solidement ancré dans un monde auquel, pourtant, il n’apporte plus les réponses attendues. Les origines sociales sont toujours le plus bel indicateur prédictif des cursus et des parcours de vie. Et, quand l’époque est révolue où l’on pouvait trouver du travail ou des formations simples, se forment les ghettos qui séparent les nantis du savoir et les autres.

En ce sens, la violence faite aux crèches et aux écoles maternelles par les émeutiers de banlieue devrait résonner comme un signe. C’est par l’école que doit se faire l’intégration. Certes. Encore faut-il que ce soit une école qui intègre toutes et tous.

Certains semblent commencer à comprendre, mais ne peuvent s’extraire de leurs réflexes pavloviens. Ainsi Pascal Couchepin, qui prône la mixité sociale par le biais… du bon scolaire ! Dans la transhumance prônée par notre ministre, certains sauront choisir leur école et glisser de nouvelles flèches dans leur carquois. Quant aux autres, qu’ils se contentent de leurs primitives massues. Effet d’étiquetage garantit. Des élèves et des écoles.

N’en déplaise aux bien disants que la formule pourrait choquer en ce temps de trêve de Noël : Pendant qu’on interdit aux enfants de s’asseoir sur les genoux du Saint-Nicolas, d’autres s’emploient, par la manière douce, à leur faire subir de bien plus subtils outrages!


[1] De l’humoriste Djamel, à propos des zones d’éducation prioritaires françaises (ZEP)

[2] « Nous nous trouvons dans une phase d’atonie intellectuelle et politique pour comprendre ce qui se passe et imaginer des réponses », affirme Eric Debardieux, directeur de l’Observatoire international de la violence scolaire, dans Le Monde, du 15 novembre 2005

Toute ressemblance avec une quelconque réalité …

Je suis un élève de VSO dans un établissement vaudois.

Le HASARD a voulu que je sois enclassé dans un "Portakabin" de bas de gamme jouxtant une belle salle de gymnastique.

Le HASARD des horaires a voulu encore que, ce premier semestre, je n'aie que 2 périodes de gym, devant, pour cela, me déplacer en bus dans le village voisin avant de revenir dans mon pavillon...

Pour le deuxième semestre, le même maître me donnera, le même matin, 2 périodes de gym supplémentaires afin que mon quota annuel de 3 périodes soit respecté.

- Dans la salle toute proche ?

Eh non, je prendrai à nouveau le bus pour retrouver une autre salle 10 kilomètres plus loin !

Mais le HASARD fait bien les choses puisque la salle de gym d'à côté, je peux tout de même y aller... aux toilettes ou chercher de l'eau pour effacer le tableau 

 
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