Lors de son assemblée générale, tenue le 26 octobre dernier, la Commission permanente des enseignantes en activités créatrices sur textiles (COMACT) s'est une nouvelle fois penchée sur le problème – récurrent - de la relève dans le métier. Elle tire la sonnette d'alarme régulièrement depuis une dizaine d'années, mais a l'impression de ne pas vraiment être entendue: "Aujourd'hui, lorsque nous en avons besoin, nous ne trouvons même pas de remplaçante!", relève Nelly Hennet, présidente de la Commission. Certes, trois personnes sont actuellement en formation en cours d'emploi dans le Jura (huit au total dans l'espace BEJUNE), mais les conditions de leur apprentissage ne sont pas claires (lire encadré). Du nouveau se prépare Et l'avenir? Selon les informations fournies à la COMACT, la HEP-BEJUNE va proposer une filière de type master pour les branches dites rares dès la rentrée 2006. Invitée par le HEP à participer au groupe de travail chargé de mettre cette formation sur pied, la COMACT a dû décliner l'invitation: "On va nous prendre pour des empêcheuses de danser en rond, mais nous avons trouvé que la procédure suivie pour la création de ce groupe de travail était étrange. Par exemple, il nous fallait trouver des représentantes en moins de cinq jours! Et nous ne savons pas qui nous mandate, quel est notre mandat, si nous aurions l'autorisation de participer au groupe de travail pendant notre temps d'enseignement… Et nous nous demandons s'il est vraiment possible de mettre sur pied une formation de qualité en si peu de temps." La coordinatrice des activités sur textiles et de l’économie familiale, Annelise Farine, précisant qu'il y a dans le canton "des enseignantes prêtes à s'engager pour que les futures formations soient bien réfléchies et bien programmées" a demandé à la HEP de clarifier la situation. Une seule des trois personnes actuellement en formation ACT en cours d'emploi enseigne effectivement des ACT. Les deux autres dispensent des heures d'ACM ou d’éducation visuel ce qui leur pose problème pour passer leurs UF. Elles ont chacune demandé – oralement - à une enseignante titulaire de pouvoir disposer de leur classe (et donc de leurs élèves) pour cette passation. Cette procédure et, surtout, son manque d'officialité, ont pour le moins étonné tant les enseignantes titulaires que la COMACT. L'assemblée a décidé que les enseignantes ACT ne prendraient aucune étudiante dans leurs classes avant que la situation soit éclaircie. Le SEJ a écrit à la HEP-BEJUNE – qu'il estime être responsable de cette formation – pour demander des explications: "Les enseignantes présentes à l'assemblée générale (…) ont toutes affirmé qu'il était de leur devoir d'accueillir des stagiaires, et de participer ainsi à leur formation, lorsque cela leur était demandé. Cependant, leur responsabilité personnelle étant engagée vis-à-vis des élèves, des parents et des autorités scolaires locales, elles estiment, et le Comité central du SEJ également, qu'il est indispensable que cet engagement soit préalablement défini par un écrit émanant de l'instance compétente en la matière. (…)" Egalité de traitement pour les apprentis, SVP! Dans une motion déposée le 26 octobre, Patrice Kamber, pour le groupe socialiste jurassien, demande au Gouvernement d'exiger des entreprises de droit public qu'elles abandonnent l'usage de tests payants du type Multicheck pour les candidats à des places d'apprentissage. "Le Multicheck ne donne droit à aucune garantie d'embauche et la grande majorité des concurrent-e-s paient mais n'obtiennent rien. (…) Cette nouvelle pratique constitue une violation du principe d'égalité de traitement dans la mesure où tous les parents ne peuvent pas assumer ces frais (ndlr.: entre 60 et 100 fr.) (…) Jusqu'à l'introduction de ce Multicheck, chaque candidat-e à l'apprentissage pouvait se présenter gratuitement", souligne Patrice Kamber, qui rappelle qu'un groupe de travail (dont le SEJ était partie prenante) a récemment rédigé une série de tests mis gratuitement à disposition des entreprises formatrices. En exigeant l'abandon des tests payants, le Gouvernement garantirait l'égalité de traitement de tous les candidats à l'apprentissage, conclut la motion. |