Echanges entre le président de l’Arle et la direction générale de l’enseignement primaire par le biais de la presse[1] ; considérations sur « les notes bidon » des uns versus celles de l’autre : pas de doute, le débat avance… La vacuité des propos de l’Arle est constante, ses redites aussi. Alors, recourir au palliatif de la désinformation[2] assure un semblant de consistance quand on n’a rien de nouveau à dire. Constat affligeant mais maintes fois établi ; passons. In cauda venenumUne direction qui réagit énergiquement, qui clame son ras-le-bol devant tant de mauvaise foi, bravo. Nous en redemanderions. Dommage toutefois pour la pique en fin de texte. Point n’est besoin de la part de la direction d’intimer au président de l’Arle de se taire, ni de remettre en cause son engagement professionnel – même allusivement. Cette association a le droit de s’exprimer, quelles que soient les élucubrations et les contradictions qu’elle aligne (et qui finissent par ailleurs par la desservir). Mais dommage surtout que notre directeur général ait attendu si longtemps[3] avant de pousser un premier coup de gueule ! Mais passons aussi. Vraies notes bidonLe véritable problème ne réside pas dans cet épisode anecdotique, juste bon à appâter les médias. Nos réponses aux attaques que nous subissons à propos de l’évaluation au primaire restent trop élusives. Peut-être que nous les retenons parce qu’elles fâchent et qu’une certaine prééminence du secondaire nous fait peur. Pourtant il suffit d’interroger les maîtres-ses sur leurs pratiques pour comprendre quelles sont les vraies « fausses notes » [4]. Ces fameuses notes certificatives qui donnent lieu à des moyennes derrière lesquelles il fait bon se cacher. Les enseignant-e-s reconnaissent sans peine que l’évaluation chiffrée obtenue via toute une panoplie de tests leur permet aisément, quand, selon leurs propres critères, l’élève le mérite, d’accorder le coup de pouce nécessaire. Epreuve à refaire, récitation de rattrapage, moyenne rehaussée artificiellement, etc. ; faut-il y voir une quelconque malhonnêteté ? Non. C’est la preuve d’un certain jugement professionnel, tout simplement, qui a toujours existé. L’enseignant-e se fie d’abord à sa connaissance du travail et des compétences de l’élève plutôt qu’aux résultats bruts. Tant mieux, et c’est certainement ce que revendiquent autant les maîtres-ses pour leurs élèves que les parents pour leurs enfants. Ce qui est bidon, c’est de croire et de faire croire à la valeur scientifique de la note. Alors pourquoi continuer à faire semblant ? La note n’est qu’une traduction chiffrée d’une appréciation qui, avec l’évaluation qualitative mise en place, est de mieux en mieux étayée. Il convient donc aujourd’hui de valoriser, reconnaître et améliorer ce jugement professionnel, au lieu de le décrier. Balayage par les urnes ?Enfin, et c’est là où il n’y a vraiment pas de quoi rire parce que toutes ces discussions risquent de paraître complètement vaines, c’est que, vu la tournure que prend le contre-projet dicté par l’Entente et l’UDC (jusqu’à présent !), l’initiative de l’Arle, en comparaison, se révèle un fléau moindre. Voter deux fois non ne posera pas de problème. Mais, dans l’hypothèse d’une double acceptation, que cocher à la question subsidiaire ? IN 121 ou contre-projet concocté par la droite et l’extrême droite ? Peste ou choléra ? Nous n’en sommes peut-être pas encore tout à fait là. Mais vérifions tout de même les stocks de streptomycine… à tout hasard !
[1] Tribune de Genève, rubrique « l’invité », 14 et 25 octobre 2005 [2] Prétendre par exemple que le nouveau livret scolaire de la rentrée 2005 occasionne une dépense de 850'000.- francs ne repose sur aucun fondement ; le coût réel est plus proche de 80'000.- francs [3] L’Arle a vu le jour en novembre 2001. 4 ans de quasi silence de la part de la direction, c’est long ! [4] Le secteur de l’évaluation a fait état de certaines données à la Conférence de l’enseignement primaire du 27 octobre 2005 |