Dans son édition du 27 octobre, l'Hebdo publie une interview de l'économiste Beat Kappeler. Il y plaide pour une politique familiale qui repose sur le partage des tâches entre père et mère. Lorsqu'il est question des cantines scolaires, il craint que la stupidité typiquement suisse pousse les autorités à chercher la perfection : cuisines fastueuses, engagement de personnel hôtelier, etc. Monsieur l'économiste propose d'innover. Citation : "La solution consiste à obliger les instituteurs, qui sont très bien payés en Suisse, à veiller à midi sur le bon déroulement de ces 'Tagesschule'. Beaucoup d'écoles disposent d'une cuisine pour la formation, les infrastructures existent déjà. Les repas pourraient aussi être des sandwiches. Tout pourrait se faire sans dépenser un franc supplémentaire…" fin de citation. Face à de tels propos, je reste pantois, (c'est un euphémisme !) Quelques commentaires entre poire et fromage Les enseignants sont très bien payés ? Cela reste à voir ! Ce qui est néanmoins sûr, c'est que les économistes le sont encore mieux. Et leurs copains qui se pavanent à la tête des grandes multinationales de tout poil se situent encore quelques crans plus haut. Alors, pourquoi ne viendraient-ils pas, eux, assumer les repas dans les cantines scolaires ? Tiens, ça leur donnerait l'occasion de mesurer la difficulté, voire de distribuer force prospectus pour un crédit de consommation ou une assurance, chocolats ou autres pastilles vitaminées ! M. Kappeler se permet de disposer du temps des enseignants, en leur contestant le droit de manger à midi, alors que lui, plus souvent qu'à son tour je suppose, glisse confortablement ses pieds sous la table d'un bon restaurant. Mais en poussant encore un peu le raisonnement, on pourrait demander aux enseignants de confectionner les sandwiches pendant la pause de dix heures ! (Personnellement, je pencherais quand même pour la soupe aux légumes…) Pour ce qui est de la variété de la nourriture, bravo à cet économiste ! On pourrait au moins changer un peu. On a des cuisines, dit-il. Faudrait peut-être les utiliser et griller de ces infects "machins" hachés à glisser entre deux tranches de pain mou, importés tout droit de chez l'oncle Sam ! Et tout ça, chers collègues, gratuitement pour nos autorités, parole d'économiste. Faut surtout pas s'étonner qu'avec de si misérables raisonnements, l'économie de notre pays est moribonde ! A mon avis, M. Kappeler a bel et bien besoin des enseignants, mais surtout pour lui donner quelques leçons : honnêteté, politesse, savoir-vivre, nutrition et surtout réalisme ! - Non, M. Kappeler, vous n'êtes pas dans votre assiette; vous venez avec le couteau entre les dents et n'y allez pas avec le dos de la cuiller, mais vous avez royalement mis les pieds dans le plat ! Une fois de plus, les discours des inféodés de la droite sont indigestes… Selon l'économiste Kappeler, les cantines scolaires pourraient exister, sans que cela ne coûte un seul franc aux collectivités. Y a qu'à mettre les enseignants au boulot ! Quelle arrogance ! Imaginez-vous, ô collègues, qu'à la fin des classes du matin, on vous oblige à veiller sur le bon déroulement du repas des élèves à la cantine scolaire. Inimaginable, voire scandaleux, direz-vous. Pourtant, il en est un qui a osé ! Ulrich Knuchel |