Il n’est pas une réunion ni une assemblée d’enseignants, dans laquelle nos organes dirigeants ne nous parlent de la revalorisation de notre degré d’enseignement. Il est temps de passer aux actes. La mésaventure survenue à maints directeurs de CO en fin d’année scolaire est là pour confirmer l’urgence en la matière. En effet, plusieurs enseignants, engagés de façon ferme dans des CO pour cette année scolaire, ont ensuite postulé au collège. Une fois retenus par les recteurs, ils ont renoncé à leur première expérience professionnelle au cycle pour s’en aller répandre la bonne parole dans le secondaire II. Loin de moi l’idée de moraliser sur le thème de l’engagement ou de philosopher sur la parole donnée. Qui pourrait, en effet, blâmer ces collègues débutants qui partent sous des cieux où l’on est mieux payé pour enseigner moins d’heures à des élèves réputés plus faciles… Il n’en demeure pas moins que problème il y a, et qu’il ne pourra être résolu qu’au travers de la fameuse revalorisation du CO. A commencer, on peut toujours rêver, par une revalorisation salariale des enseignants du cycle. Le canton du Valais bombe le torse en présentant des comptes bénéficiaires et des budgets écrits en chiffres noirs. Les espèces sonnantes et trébuchantes des bénéfices de l’or de la BNS cliquettent aux oreilles des envieux de tout poil. Investir dans le corps enseignant est à coup sûr un bon placement. Mais l’on entend déjà ici les hauts cris de notre très pusillanime et parcimonieux Parlement, pour lequel un bon enseignant est un enseignant bon marché ! Si, comme on peut le craindre, le Législatif refuse toujours et encore de soutenir ses fonctionnaires, il ne reste alors qu’une seconde solution beaucoup plus douloureuse : revoir la répartition salariale entre l’école obligatoire et le secondaire II, autrement dit, mieux partager les parts du gâteau. Que voilà un problème intéressant pour nos Conseillers d’Etat. Ils devront à coup sûr suivre des cours d’économie familiale, car on fait rarement un gâteau sans casser d’œufs. En agissant, ils feront des mécontents certes, mais, heureusement, 2006 n’est pas une année électorale en Valais. Véronique Borgeat-Pignat La revalorisation du CO passe aussi par une adaptation du salaire des enseignants. L’attrait de l’enseignement dans ce degré sera ainsi plus important. La motivation des nouveaux engagés augmentera et ils ne chercheront plus d’autres postes à la première occasion. Qui pourrait, en effet, blâmer ces collègues débutants qui partent sous des cieux où l’on est mieux payé pour enseigner moins d’heures à des élèves réputés plus faciles… Il n’en demeure pas moins que problème il y a, et qu’il ne pourra être résolu qu’au travers de la fameuse revalorisation du CO. |