Le budget 2006 sera sûrement encore pire que les précédents. Et le carcan que s’est imposé le Conseil d’Etat avec son plan financier quadriennal (PFQ) irréaliste n’arrange rien, bien au contraire, puisqu’une fois de plus l’Exécutif va se désavouer et autoriser toutes les dérives de ceux qui veulent tailler dans la fonction publique. Et bloquer toute progression salariale. La Cartel intersyndical avait immédiatement dénoncé l’infaisabilité du PFQ. Et avec justesse car il apparaît assez clairement que, à nouveau, comme les deux premières années, ce plan ne sera pas appliqué. Comment, en effet, imaginer une diminution de la masse salariale et des postes à l’Etat alors que la population augmente ? Et peut-on décemment s’étonner, après les budgets d’austérité concoctés ces dernières années, que la relance n’ait toujours pas lieu, que les recettes fiscales ne rentrent pas comme espéré et que l’aide sociale explose ? Genève en queue de pelotonEt quid du DIP ? Après la rentrée bricolée de 2004, on replâtre aujourd’hui l’édifice branlant, tout en essayant de nous faire croire que notre département, celui de l’instruction publique, va être épargné. C’est le même discours que la cheffe des finances, alors au DIP, nous avait tenu pendant dix ans, tandis que le coût de l’élève au primaire diminuait dans le même temps de 24%… Et cela continue ! Genève est le canton qui consacre le pourcentage le plus faible de son budget à l’éducation. Mais certains préfèrent continuer à propager l’idée que nous avons l’école la plus chère du monde… Pas que les élèves…Les élèves sont bien sûrs les premiers à trinquer, tant il est vrai que les prestations ne sont plus assurées comme par le passé. Mais il y a un autre facteur d’inquiétude qui motive ce billet. En effet, quel futur se dessine pour les collègues engagés nouvellement ? En quinze ans, depuis 1991, les accords sur les mécanismes salariaux n’ont pratiquement jamais été respectés par notre employeur ! Les jeunes enseignants se rendent-ils compte de ce qui les attend – si cela continue – pour les années à venir, sans même parler de la retraite ? Nous n’avons pas de treizième salaire, contrairement à ce que pense la population, et il nous faut vingt-deux ans, en temps normal (mais qui s’en souvient ? !), pour arriver au maximum de nos augmentations salariales. Salaire minimum du début à la fin de carrière ?Les collègues qui débutent devraient-ils d’ores et déjà renoncer à ce qui continue, malgré tout, à leur être offert à la signature du contrat ? L’hypocrisie de notre employeur, qui jongle avec des demi-mesures ou sabre carrément, entérine des pratiques illégales. Cela n’est pas acceptable. Notre pouvoir d’achat a déjà diminué de 13% ! C’est davantage qu’un salaire mensuel que l’on nous vole. Nous nous sommes laissés tondre la laine sur le dos – ce constat est déjà affligeant – mais sauvons au moins notre peau avant qu’ils nous la tannent ! Nous n’avons aucune raison de croire à une quelconque fatalité. Luttons pour que nos nouveaux collègues aient une réelle perspective de carrière, d’un point de vue salarial également ! L’avenir pour les personnes engagées ces dix dernières années à l’Etat n’est pas vraiment rose. Mobilisons-nous avant la démotivation totale. Et afin de lutter contre cette dernière, encourageons nos collègues à adhérer au syndicat ! Plus nous serons nombreux… |