Genève: Le Cartel se retire des "négociations".
Genève - 05/09/2005

LE CONSEIL D'ETAT ROMPT LES "NEGOCIATIONS" !

REACTION DE L'ASSEMBLEE DES DELEGUE-E-S DU CARTEL INTERSYNDICAL DE LA FONCTION PUBLIQUE

Déclaration faite à notre employeur, le Conseil d'Etat (voir pièce jointe ou ci-dessous)


CherEs collègues,

 

En complément des informations données par les médias, voici le texte qui a été lu par la présidente du Cartel, Mme Andrée Jelk-Peila, à l'occasion de la rencontre du 2 septembre 2005 entre la délégation du Conseil d'Etat et les Associations représentatives du personnel.

Pour votre information toujours, sachez également que ce 2 septembre seule la cheffe du département des finances, Mme Martine Brunschwig Graf, était présente, alors que la délégation du Conseil d'Etat se compose normalement de la représentation d'au moins trois départements : les finances, la santé et l'instruction publique. MM. Pierre-François Unger et Charles Beer étaient donc absents. Par ailleurs, la présidente du Conseil d'Etat a d'emblée limité la durée de la séance à une heure  (qui, de toute façon, n'aura duré que 10 minutes vu que nous sommes partis après la déclaration qui a été lue). Ces deux faits ci-dessus, même s'ils peuvent paraître anecdotiques, sont néanmoins révélateurs de la soi-disant considération que notre employeur a à notre égard et en dit long sur le pseudo contenu des propositions qu'il entendait "négocier".

Bonne lecture !

Et soyons prêt-e-s à nous mobiliser, notamment à l'occasion du 15 septembre, journée nationale de défense des services publics !

A tout bientôt, donc.

Olivier Baud


Déclaration lue par la Présidente du Cartel au Conseil d'État,

en début de séance, lors de la rencontre entre la délégation du Conseil d'État et les associations représentatives du personnel, le 2 septembre 2005


L’assemblée des délégués du Cartel Intersyndical de la fonction publique et du secteur subventionné, réunie le 31 août 2005, rappelle d’une part

*que ses représentants ont rempli de bonne foi un tableau de revendications, comme le demandait le Conseil  d'Etat. Ce tableau, discuté et approuvé en assemblée du personnel le 16 juin, couvre l'essentiel des préoccupations de la fonction publique : défense des acquis et préservation de la qualité des prestations tels qu'énoncés dans la loi.

L’assemblée des délégués, d’autre part, ne peut que constater

*la rupture des négociations, qui portaient sur l'application des mécanismes salariaux et la question de l’emploi dans le projet de budget 2006, rupture provoquée par les déclarations du Conseil d'Etat à la presse.

C’est en effet par la Tribune de Genève, à la veille de la rentrée, (27 août 2005) que les employés de l'Etat ont appris que non seulement ils devraient, encore une fois, passer à la caisse pour couvrir le déficit prévu, mais également que les mécanismes salariaux étaient bloqués et la prime de fidélité supprimée. Tout cela pour compenser un manque de recettes aggravé par des cadeaux fiscaux, qui ne profitent qu'aux plus aisés.

Voilà pourquoi, loin de s’atteler à la recherche de solutions structurelles aux difficultés sociales rencontrées par de larges couches de la population, de tout mettre en oeuvre pour réduire le chômage ou créer de nouvelles recettes, notre gouvernement cède à la facilité en ponctionnant à nouveau dans les salaires du personnel de l’Etat.

La réponse de nos Autorités aux 10'000 personnes dans la rue en mai 2004, aux 15'000 signatures de ce printemps ?

Une nouvelle attaque des services publics sous la pression de ceux qui ne cherchent qu'à préserver leurs intérêts financiers.

Après le refus populaire des atteintes aux conditions de vie des plus vulnérables (handicapés, invalides, chômeurs de longue durée ou bénéficiaires de l’aide sociale), décision est prise de faire payer la fonction publique !

Le Cartel Intersyndical refuse de participer plus longtemps à cette nouvelle parodie de négociations. Puisque la voix des organisations représentatives du personnel n’est décidément pas entendue, il renvoie le Conseil d’Etat à sa grille de revendications. Il les maintient toutes, persuadé que ce n’est que par un service public de qualité, des employés convaincus de la reconnaissance et de l'utilité de leur travail que l’on sortira des difficultés actuelles.

Pour 2006, le Cartel considère les négociations rompues, du fait du seul Conseil d'Etat. Par son intervention médiatique, il en a figé les règles avant même l'ultime séance.

Ne voyant plus aucun sens à sa présence dans un lieu, qui n'est pas celui de réelles négociations, le Cartel se retire.

Cartel Intersyndical du personnel de l'Etat et du secteur subventionné

 
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