Une réponse à sens unique Dans une question écrite, le Député Jean-Marc Fridez demandait que le Gouvernement dresse une liste exhaustive des principales différences ou inégalités qui existent entre le statut des fonctionnaires et celui des enseignants. Le Gouvernement a répondu en mettant en évidence les avantages du statut d’enseignant sur celui de fonctionnaire ! Dans sa réponse, le Gouvernement passe sous silence l’impossibilité pour les enseignants, contrairement aux fonctionnaires, d’envisager, sans formation complémentaire, une promotion dans une classe supérieure de traitement. Il ignore que la responsabilité d’un enseignant à l’égard d’autres personnes ne s’éteint pas avec la fin d’un horaire de travail défini. Depuis 4 mois, même si ce n’est pas absolu pour un secrétaire syndical, j’ai pu constater que quitter sa fonction en quittant son lieu de travail assure une qualité de vie que je ne soupçonnais pas alors que j’enseignais. La nébuleuse hiérarchique pour les enseignants est également occultée. Qui est le véritable supérieur hiérarchique ? Tout le monde et personne. Cette imprécision fait que souvent les autorités locales connaissent mal leur véritable sphère de compétences. Il en résulte parfois un mélange des genres peu propice à un bon fonctionnement du système scolaire. Le Gouvernement oublie dans sa réponse que les enseignants ne peuvent pas bénéficier des mesures sur l’aménagement du temps de travail. Tout comme ils ne peuvent pas faire valoir de droit quant à la récupération d’un temps de vacances ou d’un jour férié en cas de maladie ou d’accident. Le Gouvernement prétend qu’un enseignant absent est remplacé sans délai. C’est faux. En cas d’absence, prévue ou non, c’est la notion de suppléance qui intervient obligatoirement le premier jour : les élèves de l’enseignant absent sont répartis dans les autres classes de l’établissement scolaire. Le Gouvernement ne signale pas non plus que les enseignants, sauf s’ils sont nés en janvier ou en juillet, ne peuvent pas, contrairement aux fonctionnaires, partir à la retraite à la fin du mois où ils atteignent l’âge révolu y donnant droit. Ils doivent attendre la fin du semestre en cours. Une série de différences, et il y en a d’autres, qui ne sont pas forcément favorables aux enseignants, mais dues à la spécificité de leur fonction. La question écrite posée était un ballon d’essai. Elle risque d’être suivie d’autres interventions. La réponse tendancieuse à souhait du Gouvernement est un encouragement à persévérer dans cette voie. Nous voilà prévenus qu’il n’est pas temps de baisser notre garde. Pendant la pause, je me suis rendu au SEJ, juste à côté, afin d’effectuer un téléphone professionnel urgent. Il a duré davantage que prévu. Mon retour au Parlement a soulagé … Jean-Marc Fridez. Il prolongeait volontairement son intervention à la tribune sachant que j’allais prendre la parole après lui. Un geste qui méritait d’être signalé. Pas de panique, mais A l’école primaire de Delémont, quatre enseignants ont été victimes de la violence de deux élèves de 13 ans. La maîtresse des deux enfants a reçu des coups et un enseignant a été blessé à la tête. Les élèves sont exclus de l’école jusqu’aux vacances. Ils bénéficient de mesures leur permettant de poursuivre leur scolarité. Un bilan sera alors fait quant à leur réintégration éventuelle. Leur passage, à la rentrée, du niveau primaire au niveau secondaire implique que toute décision devra s’appuyer sur un bilan sérieux et solide. Cet événement est le troisième intolérable à s’être produit cette année scolaire dans le district de Delémont. Une agression sur un enfant de l’école secondaire de Vicques et des atteintes à la pudeur au Collège de Delémont sont les deux autres cas perpétrés par des élèves. Il ne faut certes pas céder à la panique. Mais la gravité et la fréquence de ces comportements doivent inciter les autorités à s’interroger, si ce n’est s’inquiéter. |