« LES ENSEIGNANTS PRIS EN OTAGE PAR LE POLITIQUE ! » Bizarrement, aucun média n’a osé cette affichette au lendemain de l’accord signé par la droite… Irresponsable, l’association qui lance en janvier 2003 une initiative demandant le maintien des notes à l’école primaire ! Irresponsables, toutes celles et tous ceux qui continuent à dire qu’il faut la remercier d’avoir provoqué le débat ! D’une part, il est tout à fait anormal que des dissensions internes à l’instruction publique se règlent par un vote populaire ; c’est une tromperie que de faire croire aux citoyens qu’ils ont réellement leur mot à dire sur l’évolution de l’école. Vote-t-on sur les progrès que fait la médecine pour savoir s’il faut les accepter ou non ? Si c’était le cas, il y aurait tout à craindre que l’on en reviendrait à la saignée et autres lavements préconisés par les Diafoirus de service. Le secondaire a un certain intérêt à sauvegarder un système d’évaluation basé sur les notes. Mais s’en prendre au primaire fait penser à la scène de récréation où deux malabars mal dans leurs baskets, occupés à se chamailler par désœuvrement, se tournent soudain vers le petit qui passe là par hasard et règlent leur propre problème en lui flanquant une raclée. Les deux grands se félicitent, le plus jeune reste sur le carreau sans rien comprendre et la maîtresse, elle, n’a rien vu… D’autre part, le débat sur l’école n’a jamais pu avoir lieu, et pour cause : ses principaux détracteurs l’ont toujours refusé. Ainsi, c’est plusieurs années que cette initiative a fait perdre à l’école. Des jeux stériles d’adultes qui ont oublié que les élèves, eux, n’ont pas loisir d’attendre. La facture sera lourde. Irresponsable, notre direction qui joue la grande muette et ne fait rien pour encourager et soutenir ses enseignants ! Mais ces derniers ne sont pas des soldats, des exécutants ; ils ont besoin que le travail qualitatif qu’ils accomplissent envers et contre tout soit valorisé, reconnu, porté ! Sur qui ont-ils pu compter, à part la SPG et le GAPP ? Y a-t-il eu un seul texte signé par la direction pour dénoncer les mensonges et les arguties des opposants à la Rénovation ? Qu’on nous le montre ! En deux ans, nos directeurs ont fait preuve d’une retenue assassine en laissant marner les collègues dans le doute, sans oser donner une ligne claire ni affirmer une quelconque volonté. Irresponsables, les médias qui orchestrent et relaient le dénigrement des systèmes éducatifs ! L’Hebdo, le Temps, la Tribune de Genève s’en sont donné à cœur joie ces derniers temps. Est-il besoin d’y revenir ? Tout le monde a pu constater cette dérive et les attaques soigneusement planifiées, hélas. L’école fait vendre et si l’on n’a que peu de scrupules, pourquoi se passer des considérations « cul-cul et pan-pan » sur l’école, hautement philosophiques, et qui amusent la galerie ? Les élèves du bas, eux, ne comptent pas. Irresponsable, le politique qui prend l’école en otage au mépris des élèves, des parents et des professionnels ! Le récent accord de l’Entente et de l’UDC le prouve. La droite, pour tenter d’assurer sa survie, essaie de faire croire qu’elle sauvera l’école. Elle est aveugle au point de commettre la même erreur que les initiants, celle de jeter à la poubelle le contre-projet du Conseil d’Etat, fruit d’un long et intelligent travail de concertation, d’écoute et de compromis. Irresponsables, les enseignants le seraient s’ils continuaient à se laisser marcher sur les pieds par des incompétents. Mais ce ne sera pas le cas ! Olivier Baud Responsables, les enseignants le sont et ils le montreront. Ils savent dire stop aux magouilles qui n’ont rien à voir avec l’éducation. Les enseignants sont dorénavant au-dessus de la mêlée et, avec toute la sérénité possible, ils continueront à œuvrer pour une école plus juste, à promouvoir la réussite de tous les élèves. L’harmonisation de la rentrée 2005 y contribuera. Mais surtout – l’association professionnelle s’y engage – les enseignants rendront compte de leur travail quand les passions seront retombées et qu’ils seront réellement écoutés. Et là, tout le monde pourra juger. |