Le Gouvernement jurassien a lancé une vaste consultation concernant la réforme de l’enseignement du secondaire II et du tertiaire. Son objectif est de boucler ce dossier pour le 1er janvier 2007, date du début de la prochaine législature. Rapidité ou précipitation ? Le SEJ, comme l’ensemble des instances consultées, a reçu le projet de réforme de l’enseignement du secondaire II et du tertiaire en date du 12 mars. Le délai de réponse a été fixé au 22 avril. Rarement, peut-être jamais, un temps de réflexion aussi court n’a été donné pour répondre à une consultation. Rappelons que dans la période considérée il y avait deux semaines de vacances scolaires, durant lesquelles, et non seulement au niveau du corps enseignant, il est difficile de prévoir des séances de travail. Cette forme de précipitation a tout lieu d’inquiéter. Si d’une façon générale le projet présenté est favorablement perçu, il existe toute une série de zones d’ombre pour lesquelles des précisions sont indispensables. Une seule idée fait véritablement l’unanimité : réunir dans un unique Département l’éducation, l’instruction et la formation, des domaines dont la responsabilité est aujourd’hui répartie entre 4 Ministres sur 5 ! De nombreuses interrogations subsistent sur la forme finale que prendront certaines propositions contenues dans le projet. Faut-il créer un échelon hiérarchique supplémentaire par la création d’un Centre de formation avec à sa tête un directeur ? Quelle forme prendra l’harmonisation du statut de l’ensemble du personnel enseignant concerné ? L’organisation du Centre de formation en divisions plutôt qu’en écoles est-elle judicieuse et urgente ? Toutes ces questions ont été posées à maintes reprises aux porteurs du dossier. Aucune réponse précise n’a été apportée. Ce manque de clarté du projet provient indéniablement du fait que l’on n’a pas associé dès le début de son élaboration les directeurs des différentes écoles concernées. Leurs compétences et leurs expériences auraient sans doute pu apporter une contribution à la solidification du système proposé, notamment pour ce qui est de la complémentarité entre les établissements qui fonctionne bien aujourd’hui. La réforme du secondaire II et du tertiaire dans le Jura revêt une importance que tout le monde reconnaît. Sa mise en place dans les moindres détails pour le 1er janvier 2007 est utopique. Par contre, quel beau mandat à assumer pour un-e Ministre qui prendra en charge le nouveau Département de la Formation. Avant de mettre le système sous toit, assurons-nous que les fondations soient suffisamment solides. A la demande de prolongation du SEJ, le Gouvernement répond ironiquement sur le fait qu’il est difficile de consulter les enseignants pendant les vacances. Amusant quand on sait que la réponse du Gouvernement, datée du 23 mars, n’a en fait été postée que le 4 avril (jour de la rentrée des classes). Cela voudrait-il dire que le Gouvernement, absent, ne peut pas signer son courrier pendant les vacances scolaires ? Dans sa séance de mars, le Parlement a accepté une motion visant à interdire tout nouvel engagement dans l’administration et dans les écoles jurassiennes. Certains esprits chagrins font courir le bruit auprès des fonctionnaires que les députés enseignants, après l’avoir emporté sur la mesure touchant leurs salaires, ont voté cette proposition, se moquant ainsi des conditions de travail dans l’administration. C’est faux, mensonger. Le nombre de députés enseignants ayant refusé les deux objets est, à une unité près, identique. Deux d’entre eux sont même montés à la tribune pour s’opposer fermement à la motion : Maxime Jeanbourquin et le soussigné. Ceux qui ont lancé et entretiennent cette rumeur ont manifestement la volonté de diviser la fonction publique afin d’affaiblir sa lutte syndicale. Raté. Ces manœuvres sournoises incitent au contraire les syndicats, unis, à se tenir plus fermement encore sur leurs gardes ! |