Le Parlement jurassien a rejeté, le 23 février, la proposition du Gouvernement de modifier l’échelle des traitements des enseignants par 27 voix contre 27 ! C’est la 2e fois que l’exécutif est désavoué par le législatif sur une mesure ne touchant que les enseignants. Revenons un instant sur le débat de plus de trois heures qui s’est tenu sur cet objet au Parlement. D’abord, il est important de signaler qu’aucun des intervenants, même ceux favorables au projet, ne s’en est pris à la profession enseignante. Au contraire. Plusieurs députés ont relevé la pénibilité de la profession enseignante. Tout le débat a porté sur la nécessité ou non pour l’Etat d’effectuer des économies, et sur l’inégalité de traitement que la mesure créerait entre les différents salariés de la fonction publique. Cet aspect inégalitaire a finalement été déterminant. Après ce second revers, le Gouvernement va-t-il retenir enfin la leçon ? Ce n’est pas sûr. Certes, il a depuis décidé de « mettre de côté » la diminution de l’allègement pour raison d’âge. Mais cette obsession des économies à tous crins ne s’est pas envolée pour autant. En présentant le résultat des comptes 2004, qui bouclent avec un bénéfice de 11 millions alors que c’était un déficit de 11 millions qui était budgété !, le Ministre Gérald Schaller a insisté sur la nécessité de continuer à rechercher des économies. Le Ministre des finances ne doit pas savoir utiliser un traitement de texte. Depuis sa présentation du plan financier en 2003, ses discours s’articulent inlassablement autour du seul mot qu’il doit avoir à son vocabulaire : « économies ». Pourtant, ce plan financier n’a plus aucune valeur. Il s’articulait essentiellement autour des importantes dépenses liées au projet « Jura pays ouvert » qui a été refusé par le peuple. Il ne tenait pas compte non plus des 100 millions de rentrées provenant de la vente des actions FMB, ni des 260 millions que le Jura recevra de la vente des réserves d’or excédentaires de la BNS, et encore moins des quelque 11 millions de rentrées annuelles supplémentaires provenant de la nouvelle péréquation financière fédérale. De quoi se sentir mieux, non ? Finalement, le Ministre des finances est assez cohérent : ses premières économies, il les fait dans l’analyse et la réflexion ! Les députés n’ont pas été convaincus seulement lors du débat du 23 février. Le travail d’information auprès des groupes parlementaires effectué par les membres de la coordination des syndicats de la fonction publique y est pour beaucoup. Merci à eux. Une fois encore l’unité d’action a été payante. Sachons nous en souvenir. M.Chollet, ingénieur cantonal, est intervenu dans le débat par un courrier des lecteurs. Il dénonçait, comme le Ministre Schaller une année plus tôt, l’importante représentation des enseignants dans les rangs du Parlement. Ce très haut fonctionnaire gagne environ 13'000 frs par mois, près du triple d’un salaire moyen d'une maîtresse enfantine ! A ce tarif-là, on peut se conduire comme un bon et loyal serviteur, si ce n’est de l’Etat, du moins du Gouvernement. Signalons que M.Chollet n’ouvrira pas son porte-monnaie pour une nouvelle contribution de solidarité. La coordination des syndicats, présidée par Hugues Plomb et à laquelle participaient deux autres membres du SEJ, s'y était formellement opposé. Etrange, cette importante représentation des enseignants n’avait alors pas troublé M.Chollet ! |