En plus des projets touchant directement les enseignants et dont nous avons déjà parlés (modification de l’échelle des traitements et suppression d’une heure d’allègement après 50 ans), le Gouvernement jurassien prévoit la mise en place de toute une batterie de mesures dites structurelles. La plupart des mesures, qui devraient déployer leurs effets sur les 3 prochaines années, touchent ou découlent d’une modification des normes d’effectifs. Ainsi, le nombre de leçons en sections de classe ou de pédagogie compensatoire, par exemple, sera revu sensiblement à la baisse. Cependant, selon les indications qui nous ont été fournies lors de notre rencontre avec le Département de l’Education (DED), ces mesures ne seront pas ou très peu appliquées à la rentrée 2005. Il n’en demeure pas moins que dans un avenir proche, le cumul des différentes mesures entraînera « une économie de l’ordre de 12 postes, soit environ 1,2 millions de francs », si l’on se réfère au document émanant du Gouvernement. Même si cette réduction de 12 postes se fera sans aucun licenciement, en terme d’emplois, l’opération ne sera pas neutre pour les enseignants. Il est peut-être bon de signaler ici, sans que cela n’atteigne des proportions déraisonnables, que ces mesures auront des conséquences également sur l’offre scolaire. En l’occurrence, les principaux perdants se trouveront chez les élèves. Ceci démontre une fois encore que les économies dans le domaine de l’enseignement se font au détriment de tous les acteurs de l’école jurassienne. Mais attention, dans le montant de 1,2 millions de francs, les économies dégagées par les fermetures de classes ne sont pas comprises. Or, toujours sur la base du document gouvernemental, « le potentiel » de fermetures de classes est de 5 à 7 à l’école enfantine et de 3 à 6 à l’école primaire. Là aussi, sans licenciements, de titulaires du moins. Mais les suppressions de postes seront effectives et le marché du travail réduit d’autant. Ainsi, avec les mesures structurelles, le Gouvernement annonce une réduction de 20 à 25 postes dans l’enseignement. De son propre aveu, il n’arrivera pas à une telle diminution jusqu’en 2007 dans l’administration. En 2003, il en prévoyait pourtant 50, justifiant ainsi des économies à même hauteur dans l’enseignement ! Une démonstration de plus que le Gouvernement n’a cessé d’user de prétextes pour s’attaquer au statut des enseignants. Espérons qu’il s’explique une fois sur ses véritables motivations. |