Ce mercredi 23 février, le Parlement se prononcera en première lecture sur la modification du décret sur les traitements du corps enseignant. Contrairement à ce que l’on pouvait redouter en novembre dernier, il n’est pas certain que le projet du Gouvernement soit accepté par le législatif. De plus en plus de Députés paraissent convaincus que la modification de ce décret créerait une inégalité de traitement flagrante entre fonctionnaires et enseignants. Tout dans les actes et projets récents du Gouvernement en la matière concourt à développer ce sentiment. Un groupe de travail est mis en place pour adapter le système de classification de la fonction publique à des méthodes plus modernes. La recherche d’économies ne fait pas partie de son mandat. Pour les enseignants, le processus est inverse. La modification de leur échelle de traitement doit apporter des économies pour les caisses de l’Etat. Il n’est par contre pas question de réfléchir aux critères qui président à leur classification, quand bien même ces critères n’ont plus été revus depuis 1973. Les systèmes de classification utilisés aujourd’hui donnent un facteur de pondération important (au moins 50%) à la formation. Cela n’est pas le cas pour le corps enseignant. Reprenons les comparaisons que nous avons faites entre les salaires du corps enseignant et des fonctionnaires. On constate, par exemple, qu’une maîtresse enfantine, qui sera astreinte à une formation de 6 ans, obtiendra un salaire sur l’ensemble de sa carrière équivalent à celui d’un fonctionnaire muni d’un CFC de 3 ans. Avec la modification de l’échelle des traitements des enseignants, les annuités seront bloquées pour 56% d’entre eux seulement. Les autres ont déjà atteint le maximum de leur classe. Le Gouvernement cherche à minimiser le phénomène. Pourtant, dans son message sur la compensation du renchérissement, diffusé le même jour que le décret dont nous parlons, il reconnaissait que le blocage des annuités soulevait un problème d’inégalité de traitement. Il préconisait dès lors l’abandon de cette option. Ces contradictions pourraient bien entraîner le rejet du projet de modification de l’échelle des traitements du corps enseignant par le Parlement. Ceci d’autant plus que celui-ci est devenu sensible au fait de prendre des décisions politiques inattaquables juridiquement. Rémy Meury Emotion … A l’heure où j’écris ces lignes, il me reste un jour d’enseignement à vivre. L’abandon de cette extraordinaire profession que j’ai exercée pendant 24 ans ne se fait pas, je l’avoue, sans une certaine tristesse. Enthousiasme … Cependant, je me réjouis de m’investir pleinement dans ma nouvelle activité, au service de celles et ceux qui assurent le bon fonctionnement et l’évolution du système d’éducation et de formation de notre canton. Inquiétude … Quand on change de métier, on a le souci d’être à la hauteur. Cette inquiétude est indispensable pour développer une motivation intense. Cette volonté de bien faire est accrue lorsque l’on doit succéder à une forte personnalité. Merci donc Hugues d’avoir placer la barre si haut et bonne retraite. |