L’école primaire condamnée à jouer dans la cour des petits ?
Genève - 28/01/2005

« C’est toujours les p’tits qui s’mouillent, lorsque viennent l’automne et la pluie, c’est toujours les p’tits qui s’mouillent, les gros sont bien à l’abri » (Michel Bühler)

La chanson ne date pas d’hier, hélas…Quand les politiques et les citoyens prendront-ils vraiment conscience de l’importance des premières années de scolarité ?

Au moment où le SER adopte une résolution sur le financement de l’école obligatoire en réclamant notamment une meilleure répartition des ressources entre les ordres d’enseignement, force est de constater qu’à Genève la situation est grave.

Les pauvres toujours plus pauvres…

Les inégalités se creusent, à l’image de notre société qui produit toujours plus d’exclus tout en dorlotant ses millionnaires. Mais l’école que nous défendons se refuse à être le reflet de cette société-là. Nous luttons contre cette double logique qui voudrait que d’une part soient favorisés les nantis au détriment des plus démunis et qui, d’autre part, procéderait de même en creusant l’écart entre les élites et les laissés pour compte. C’est pourquoi nous réclamons des moyens pour le primaire, de toute urgence, parce que nous sommes persuadés du rôle primordial que joue l’école pour permettre à tous les élèves de s’intégrer dans le monde de demain.

Prestations en fonction des moyens ?

A l’heure où les questions sur l’école sont nombreuses - mais où les vrais débats font défaut - il serait regrettable que tout soit réglé par des choix négatifs, uniquement en fonction de l’absence de moyens. L’école enfantine obligatoire dès quatre ans serait sûrement un atout pour la formation dans son ensemble. Mais impossible de l’envisager sans moyens conséquents ! Il en va de même pour l’application d’une réforme ambitieuse, capable de lutter contre l’échec scolaire.

Genève, pionnière bien souvent, serait-elle en train de dilapider l’héritage en sous-investissant dans l’éducation ? Le primaire fait doublement les frais de la conjoncture et cela n’est pas acceptable. Au vu des échéances à venir, nous devons concentrer nos énergies pour que l’école primaire ne se fasse pas étouffer mais puisse évoluer, se développer dans toute son ampleur. Le budget 2005 est insuffisant, nous le savons. Mais il est hors de question que les budgets suivants, entérinent et perpétuent cette inégalité ; les besoins du primaire devront être pris en compte. Avec le soutien de la population, qui désire offrir un monde acceptable à sa jeunesse et qui comprendra que l’éducation est la seule richesse du futur, nous pouvons y parvenir.

Les dépenses d’éducation diminuent dans notre canton (GE – 16,7%) alors qu’elles augmentent ailleurs (CH + 10,4%) mais, comme si cela ne suffisait pas, les effets de ces coupes sont inégalement répartis, et c’est sur le parent pauvre que tombe le coup de massue. Entre 1990 et 2003 (SRED 2003), le coût par élève du primaire a diminué de 23,8% ! Celui du post-obligatoire n’a baissé « que » de 13,6% ; cherchez l’erreur ! En 2003, l’élève du primaire coûte moitié moins que celui du CO en 1990…

 

 
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