Impressionnant de penser à ce fabuleux héritage d’un journal qui fête aujourd’hui 140 ans d’existence ininterrompue. Près d’un siècle et demi de parutions avec le même nom-titre, « l’Educateur », ô combien symbolique et fondateur de la profession. 140 ans de présence romande, au-dessus des frontières cantonales, à témoigner de l’importance de faire vivre, réfléchir et évoluer la profession. Impressionnant de se replonger dans la masse de ces dizaines de milliers de pages, porteuses de réflexions, d’espoirs, de désillusions, de vies et de trépas. Impressionnant de constater le flux et le reflux des idées et des modes se reportant à l’éducation, l’extraordinaire inertie du système et de ses acteurs, la médiocrité des uns et la grandeur des autres, l’indispensable utopie toujours recommencée. Impressionnant de sentir à quel point, au travers de toutes les époques, l’école a toujours dû se situer dans un monde qui compte tellement sur elle, sans jamais le reconnaître vraiment. Impressionnant de mesurer l’énergie et la folle espérance investies de tout temps par des fous de la profession, pour faire évoluer le métier, bousculer les mentalités, décimer les idées reçues, remuer les habitudes, remettre en question la trop confortable pensée unique. Impressionnant de reconnaître l’impact conquis par l’Educateur au-delà de nos frontières dès la fin du XIXème siècle déjà et le statut de référence professionnelle gagné au fil des ans dans le monde éducatif. Impressionnant de réaliser le magnifique travail d’évolution opéré par les équipes rédactionnelles, dans les deux dernières décennies du XXème siècle, notamment. Au virage de ses 140 ans, l’Educateur passe à la couleur et cherche à devenir encore plus convivial et plus efficace. Puisse-t-il être digne de son héritage, en s’améliorant encore. Puisse enfin et surtout, grâce à lui et avec lui, encore et toujours, la profession faire face Georges Pasquier 
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