Pour un mouvement syndical solidaire
Genève - 17/12/2004

Dinde ou chapon ? Verbier ou Bermudes ? Maintenant que ces choix cruciaux sont arrêtés, il est déjà temps d’envisager comment perdre les kilos pris durant la période des fêtes… Et ça tombe assez bien parce que, pour ce qui de se serrer la ceinture, nous allons être servis ! Déprimant ? Alors, parlons d’autre chose (quoique)…

Les enseignants genevois n’ont pas à rougir de leur mobilisation durant l’automne. Elle a été largement supérieure à celle de tous les autres secteurs. Cette défense appuyée des services publics n’est pas le fruit du hasard car les enseignants s’engagent depuis longtemps pour la sauvegarde des prestations. Cela fait partie de leur mission. Mais ils ont aussi tendance à ne se préoccuper que de l’école et à se décourager quand ils constatent que les autres services de l’Etat bougent peu. Ils se sentent seuls.

Une résistance nécessaire…

Si, d’une certaine manière, nous sommes sortis d’une lutte purement syndicale et défendons un modèle de société auquel nous croyons, nous ne devons pas pour autant oublier les bases du syndicalisme. Le Cartel intersyndical de la fonction publique et du secteur subventionné, à l’instar des autres syndicats en Suisse et ailleurs, se retrouve affaibli par les contre-réformes néolibérales qui donnent leur pleine mesure aujourd’hui. C’est un moment difficile, indéniablement, mais dont nous pouvons nous sortir. Le tout est de ne pas sombrer dans le défaitisme et de nous rappeler les fondements de l’organisation syndicale. Nous devons d’abord repenser la mobilisation sur les lieux de travail ; les correspondants de bâtiment, dans chacune des écoles du canton, peuvent y contribuer activement et faire s’exprimer la base. « Enseigner c’est résister », souvenons-nous en, et montrons-le au quotidien !

…et un affrontement inévitable

Unis, nous pouvons faire respecter nos droits et celui des usagers. Les deux sont indissociables. Comme la notion de combat qui reste liée à l’action syndicale, car il serait naïf de penser que nos employeurs n’ont pas, en permanence, la volonté de remettre en question nos acquis. Mais les tenants du moins d’Etat, ceux qui se moquent de la suppression des prestations, ont aussi tout intérêt à diviser pour mieux régner. Ne tombons pas dans ce piège, ne laissons pas se répéter l’expérience malheureuse qui a eu lieu, par exemple, avec les transports publics, maintenant coupés de l’association faîtière et soumis à une convention collective qui restreint leurs droits. Si les enseignants se sentent moins menacés à ce niveau-là, ils ne doivent pas moins se montrer solidaires avec l’ensemble de la fonction publique car c’est bien, justement, un tout qu’il s’agit de défendre. Seul le tout est cohérent et il faut le préserver, à tout prix.

Une solidarité en reconstruction permanente

Chacun peut se retrouver dans les trois composantes du syndicalisme enseignant (corporatiste, professionnelle, justice sociale) définies par Walo Hutmacher (2004) mais nous devons y ajouter la dimension de solidarité avec tous les salariés. Et si les enseignants portent un peu plus haut que les autres l’idéal d’une société plus juste, ce n’est pas un mal !

 
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