Un président de commission d’école s’est fendu d’un courrier des lecteurs pour attaquer le congé accordé à l’occasion de la tenue du Congrès quinquennal du SEJ, le 22 octobre dernier. Ce congé d’association fait quelques vagues. Il ne nous paraît donc pas inutile de mettre les choses au point. Un congé tout à fait officiel Rappelons tout d’abord que le congé a été accordé par deux Ministres du Gouvernement jurassien : Mme Elisabeth Baume-Schneider, cheffe du Département de l’Education et M. Jean-François Roth, chef du Département de l’Economie et de la Coopération. Dans leur lettre du 28 avril 2004, envoyée aux commissions et directions d’écoles, ils indiquent : « Nous constatons qu’un tel congé fait partie des modalités usuelles de collaboration, qui, de longue date, ont été convenues entre le SEJ et les autorités scolaires cantonales ». De longue date Dire que la reconnaissance du droit des organisations professionnelles d’enseignant-e-s est de longue date, relève du truisme. Cette tradition, justifiée par l’importance des engagements pris par les organisations d’enseignants dans le fonctionnement de l’école, date de fort longtemps. A l’époque bernoise, comme dans le canton du Jura, les synodes d’antan donnaient droit à une demi-journée de congé par semestre. Cette disposition est restée valable jusqu’à l’adoption de la Loi scolaire de 1990. Depuis, la pratique du congé s’est réduite, mais elle a perduré. Soucieux de clarifier la question des congés, le SEJ a longuement négocié et fini par obtenir des dispositions adéquates. C’est un texte de synthèse du Département de l’Education, daté du 27 août 2001, qui a explicitement réglé la question des absences et congés des enseignants. S’agissant du Congrès, le chapitre 2.3.9 stipule : · Des assemblées plénières ou sectorielles d’enseignant(e)s (congrès, synodes, etc.) organisées par une association professionnelle peuvent être reconnues comme une forme de perfectionnement professionnel ou comme l’expression du partenariat instauré entre le Département et les associations professionnelles d’enseignants. Des congés peuvent donc être accordés de cas en cas à ce titre. Pédagogie et formation continue Le Congrès des Breuleux fut consacré pour les deux tiers au „projet d’établissement“, thème pédagogique qui peut déboucher sur des dynamismes renouvelés dans le fonctionnement de l’école jurassienne, pour le plus grand bien des élèves. Il est l’équivalent d’une journée de formation continue. Un partenariat coûteux en ressources Le syndicat des enseignants jurassiens a pour but premier le développement et le progrès de l’éducation, de l’enseignement et de la culture. Il ne se consacre pas exclusivement à la défense des intérêts de ses membres. Le SEJ constitue l‘un des acteurs essentiels du système scolaire. Il participe à son évolution. Par l’expérience qu’il apporte, la connaissance du terrain, le professionnalisme de ses membres, il contribue collectivement, de manière déterminante, au bon fonctionnement de l’école jurassienne. Cet apport implique l‘engagement de ses représentants dans des commissions et groupes de travail divers, la participation à des projets qui ne ressortissent pas au cahier des charges ordinaire du corps enseignant, des ressources humaines et financières assurées par le SEJ, à travers les cotisations de ses membres. Cet important investissement justifie, à lui seul, un congé „quinquennal“. Et ailleurs? Pour ne citer que deux exemples proches, les enseignants du Jura bernois et du canton de Neuchâtel, ont droit à un congé d‘une demi-journée par année pour leurs assemblées syndicales. P.S: A l’heure où ces lignes sont écrites, il n’est pas impossible qu’un député monte à la tribune du Parlement pour s’élever contre le congé du 22 octobre dernier. Voici quelques éléments de réponse pour la cheffe du DED, qui, nous en sommes sûrs, n’en a pas besoin. Hugues Plomb Secrétaire général du SEJ |