Pour nos salaires? Pas seulement! Pour reprendre les propos de Michel Ducommun dans Le Courrier du 28 octobre, la droite "veut carrément couper les vivres à l'Etat afin de le casser." Et dans le même article Jean-Pierre Fioux d'ajouter que si la droite veut "tellement liquider les protections contre les congés pour motifs économiques, c'est bien pour y recourir, pour supprimer les prestations et faciliter les privatisations." Notre lutte syndicale s'inscrit dans le débat politique, c'est aussi notre statut que nous défendons pour maintenir les prestations à la population. Petit aperçu des intentions de la droite avec l'exemple du projet de loi sur le personnel de l'administration cantonale: extraits! Conventions collectives de travail Ce projet de loi propose des conventions collectives de travail par domaines d'activités et par métiers; c'est un moyen de diviser pour mieux régner, et dans un deuxième temps, de mieux privatiser certains secteurs. L'employeur (l'Etat en l'occurrence) emploie son personnel de façon économique et rationnelle; on se demande selon quels critères! Pour prendre un exemple qui nous concerne directement, l'activités des MS est-elle encore de nos jours une "activité économique et rationnelle"? Pour certains, ce sont des collaborateurs qui coûtent chers et pour des matières qui ne sont plus guère valorisées dans notre société. On peut se poser la même question par rapport aux collègues de l'enseignement spécialisé… Salaire au mérite et flexibilisation du personnel Le projet propose une évaluation annuelle et individuelle des membres du personnel au travers d'entretiens personnels réguliers. Est-il besoin de préciser que cela conduit tout droit au salaire au mérite? On trouve cela en toutes lettres un peu plus loin: le salaire dépend de la fonction, de la prestation attendue; le salaire peut être adapté pour tenir compte du renchérissement (ce n'est plus obligatoire…) ou de l'évaluation annuelle de la qualité des prestations. Cela va évidemment à l'encontre d'une logique de travail d'équipe dont la rénovation et les recherches ont démontré l'efficacité pour lutter contre l'épuisement professionnel, entre autres bienfaits. On se demande également qui va conduire ces entretiens réguliers et selon quels critères. Celle-ci porte entre autre sur la qualité du travail et l'amélioration des prestations; on peut raisonnablement considérer la complexité d'une telle évaluation pour des métiers de l'humain en général, pour l'enseignement en particulier! Rappelons simplement que la SPG s'est toujours opposée fermement à l'évaluation individuelle des collègues, mais qu'elle a encouragé au contraire un rendre compte collectif du travail des équipes en projet. Le projet de loi prévoit de renforcer la mobilité et la flexibilité des membres du personnel, dans un département, entre les départements et avec le secteur privé: chers collègues réjouissez-vous, le jour où on n’aura plus besoin de vous comme enseignant, vous pourrez toujours aller faire la circulation en ville, ou nettoyer les couloirs de l'hôpital! Refuser l'abandon du statut de la fonction publique Ce projet de loi n'est qu'un exemple parmi d'autres qui ne laisse planer aucun doute sur les intentions de ce parlement à majorité de droite. Nous ne pouvons rester sans réagir à de telles propositions. Laurent Vité |