Le 22 octobre, lors de leur Congrès quinquennal, les membres du SEJ choisiront leur nouveau ou nouvelle secrétaire syndical-e. Une enseignante et deux enseignants ont déposé leur candidature. Le Comité central du SEJ leur a demandé de se présenter en quelques mots dans les pages de l’Educateur. Natacha Broquet : enthousiaste dynamique et le sens des responsabilités Parler de soi n’est jamais chose simple. Bien sûr, je pourrais vous énumérer mes diplômes (CAP d’enseignante, maturité économique et diplôme d’employée de commerce); je pourrais aussi vous décrire mon parcours professionnel (j’enseigne à Courrendlin depuis 1996 après une année de remplacement dans diverses localités jurassiennes )… Finalement, je préfère vous dépeindre non pas qui je suis, mais ce que je suis : enthousiaste, dynamique, ayant le sens des responsabilités, je m’investis toujours sans compter. Mon sens inné de l’organisation me permet de structurer aisément mon travail. Jamais à cours d’idées, je cherche toujours à en faire profiter autrui. Motivée et pugnace, je me bats avec conviction pour obtenir ce que je veux. En vous proposant ma candidature pour le poste de secrétaire général du SEJ, j’aimerais pouvoir utiliser ces compétences et en faire profiter l’ensemble de mes collègues. Syndiquée depuis plusieurs années, je pense que le SEJ est un partenaire essentiel oeuvrant au bon fonctionnement de l’école jurassienne. En cela, il doit être un excellent négociateur pour maintenir le dialogue avec nos autorités et permettre ainsi de faire avancer la cause enseignante. C’est là une gageure extrêmement passionnante que je désire ardemment relever ! Même si les prochaines années s’annoncent difficiles… Un autre défi me tient particulièrement à cœur : améliorer l’image des enseignants au sein de la population ! C’est principalement à cette tâche-là que je souhaite me dévouer tout en défendant individuellement et collectivement les acquis de la profession, but premier d’un syndicat. En guise de conclusion, sachez, chers collègues, que je ne suis pas ce qu’on peut appeler une “machine politique” bien que très engagée au niveau communal et social. A vous de juger si c’est un avantage ou un inconvénient… Pierre-André Comte : Un engagement permanent Il y a d’abord nos valeurs communes, fondamentales, que sont la solidarité sociale et la recherche de l’équité, intimement liées à celle de la démocratisation de l’éducation. Pierre angulaire du développement, l’école est le creuset de la société, le lieu de transmission et d’élaboration de la culture, l’endroit même où se façonne l’insertion d’un être dans sa société. C’est fort de ces convictions que je propose mes services au Syndicat des enseignants jurassiens. C’est parce que j’y situe le lieu privilégié d’une lutte légitime pour la défense des intérêts de l’école et de ses serviteurs que je souhaite y déployer mon énergie. Trente ans d’enseignement m’ont appris à connaître les remises en cause perpétuelles des missions de l’école, à cerner l’injuste méfiance qui l’afflige, comme à percevoir les espoirs qu’on met en elle. Trente ans de syndicalisme m’ont familiarisé avec la solidarité militante face à l’évolution d’un monde virant au matérialisme forcené. Il y aura toujours de l’enthousiasme à revendre dans la promotion d’une société dont les femmes et les hommes prennent pleinement conscience de leur « utilité » sociale. Faire reconnaître l’éducation comme un « investissement » prioritaire pour le développement social, économique et culturel, consolider la place et le rôle du réseau public dans un environnement qui tente à subordonner l’école aux exigences économiques, revaloriser le statut professionnel des enseignants, développer le partenariat école-famille, telles sont mes préoccupations essentielles. Le syndicat, le syndicalisme, c’est d’abord une action, réfléchie, permanente. Mais, alors, me demande-t-on, comment feras-tu pour concilier tes mandats actuels avec celui de secrétaire général du SEJ ? Je réponds sans détour. J’abandonnerai la plupart de mes engagements connus, parce que je suis conscient de l’incompatibilité qui existe entre l’exercice d’une telle fonction et mon maintien dans des responsabilités trop lourdes par leur cumul. Je suis à votre disposition. Vous ferez votre choix. Il sera libre, respectable, démocratique et, quoi qu’il advienne, je continuerai de m’engager avec force pour que le corps enseignant puisse se consacrer sereinement à l’édification d’une société jurassienne qui préserve ses valeurs fondatrices. Merci de votre soutien. Rémy Meury : la défense des services publics est une priorité D’abord, voici 23 ans que j’enseigne à l’école primaire de Delémont. Des années qui sont passées vite, comme toujours lorsque l’on fait ce que l’on aime. Depuis 20 ans, parallèlement, j’ai assumé, ou assume encore, des mandats dans les législatifs delémontain et jurassien, ainsi qu’à l’exécutif de la capitale. Ces expériences, professionnelle et politique, m’ont permis d’acquérir des compétences qui me paraissent utiles pour l’exercice de cette fonction. Ensuite, depuis toujours, la défense des services publics est une priorité à mes yeux. La valeur d’un Etat se mesure à travers les prestations qu’il fournit. C’est particulièrement vrai dans le domaine de la formation. Or, sa qualité ne peut en être que réduite si l’on s’attaque aux conditions de travail des principaux acteurs dans le domaine, à savoir les enseignants. Quand on les dévalorise, c’est la mission même de l’école qui est touchée. Le droit qu’a chacun de s’instruire ne peut plus être assurer pleinement. Ceci malgré l’investissement et les compétences que chacun d’entre nous développe quotidiennement. Pour terminer, en 2003, les autorités cantonales ont mis à l’index et livré à la vindicte populaire la profession enseignante. Elles n’ont manifesté aucune reconnaissance quant à l’engagement professionnel des enseignants. Elles n’ont fait aucune allusion à leur engagement associatif, culturel, sportif, politique ou social qui fait que notre Canton n’est pas encore un désert complet dans ces domaines. Comme beaucoup d’entre vous, j’ai été profondément blessé par ce mépris. Ces prochains mois, ces prochaines années, nous devrons encore nous mobiliser résolument pour défendre l’école jurassienne. Dans tous les cas, je le ferai en déployant toute l’énergie qui, je crois, me caractérise. Ma candidature n’a d’autre ambition que de mettre cette énergie au service des enseignants jurassiens. NB : Des questions ? N’hésitez pas à me les poser à cette adresse : remy.meury@bluewin.ch |