Historique La maison « La Grève » à Versoix, construite vers 1840, a appartenu à la famille Mirabeau, famille d’origine cathare réfugiée à Genève à la suite de persécutions religieuses dans le sud de la France. Vendue en 1963 à l’Etat de Genève, elle est gérée depuis 1965 par le Service des loisirs de la jeunesse du Département de l’instruction publique. Durant les dix premières années, le Service des loisirs n’a pu utiliser cette propriété que pendant la belle saison, faute de chauffage adéquat. Les premiers « centres aérés » organisés pendant les vacances d’été virent alors le jour. Parallèlement, des camps de voile, les « classes bleues », furent mis en place pour les élèves de classes primaires. Pour la petite histoire, l’un des animateurs de ces camps s’appelait Dominique Wavre, devenu depuis un grand navigateur. Des travaux de rénovation de la maison furent entrepris dans les années septante permettant au Service des loisirs d’élargir son offre d’activités à l’année. La présence dans la maison d’un couple d’artistes polonais, Marian Chlebny et Catherine Birska Chlebny, chargé d’accueillir les enfants, favorisa l’émergence d’un concept original : offrir aux élèves de classes primaires l’opportunité de s’initier à des activités créatives pendant une semaine. En 1974, les premières classes artistiques étaient proposées aux enseignants dans le cadre des « classes multicolores ». La classe artistique : une expérience passionnante … La particularité des classes artistiques repose sur la participation active à différentes formes d’expression, telles que la poterie, la danse, la musique, le théâtre, le conte ou la fabrication de marionnettes. A leur arrivée, les élèves choisissent deux branches artistiques qu’ils expérimenteront tout au long de la semaine. Quelle que soit l’activité suivie, l’enfant découvre et exploite ses propres capacités créatrices. Les animateurs le constatent : chaque enfant est capable d’entrer dans un processus de création. La culture prise à bras-le-corps est bel et bien accessible à tous. Par contre, elle nécessite de l’attention, de la concentration et de la persévérance, contraintes déjà rencontrées dans le parcours scolaire mais perçues ici différemment. Ces initiations développent l’imagination de l’enfant, aident à la structuration de sa pensée et à sa coordination gestuelle. Elles favorisent la découverte de nouveaux horizons et la naissance de futures passions. Cette expérience se révèle également enrichissante pour les enseignants qui découvrent chez leurs élèves des qualités et des potentialités souvent trop peu stimulées en milieu scolaire. Le rôle de chaque enfant en est parfois bouleversé. Le premier de classe n’est pas forcément le meilleur dans ce contexte inhabituel. Cette réévaluation des dispositions de chacun peut s’avérer essentielle et très valorisante pour les enfants. Les animateurs sont tous des artistes ou des artisans professionnels et travaillent pour la plupart depuis plus de 10 ans dans la maison. Leur enthousiasme reste intact car toute nouvelle classe déclenche une nouvelle aventure. Le déroulement des activités est adapté à chaque fois au dynamisme des enfants et à l’implication des enseignants. … qui n’a pas pris une ride Cette prestation du Département de l’instruction publique, n’a cessé d’évoluer depuis 30 ans. Elle remplit toujours autant sa mission puisqu’elle relève tant du domaine de la prévention, en proposant une pratique active et créative de la vie en communauté, que celui du développement de l’enfant, en favorisant la connaissance de ses propres aptitudes et, par conséquent, la confiance en soi. |