Olivier Baud Le taux d'encadrement à 17, la moyenne de classe à 20,5 peuvent sembler représenter des conditions globalement satisfaisantes. Pourtant, cette impression est loin d'être partagée sur le terrain… Au-delà du beau principe "donner plus là où il y a plus de besoins", comment pouvons-nous vérifier que les mesures censées être prises sont justes et efficaces? Le niveau social des familles, calculé pour une circonscription, détermine les moyens mis à disposition. Mais chaque circonscription est loin d'être homogène et la répartition des forces entre les écoles dépendant du même inspecteur peut sembler aléatoire. Il est ainsi étonnant de constater que telle école de village, avec des élèves issus d'un milieu aisé, bénéficie apparemment de tous les "avantages" et qu'un autre établissement en région suburbaine, où le 90 % des parents appartient à une classe sociale défavorisée, se voie chaque année obligé de défendre bec et ongles ses postes de GNT qui, malgré tout, continuent à diminuer. Le cas des MS Il est tout aussi anormal que chaque élève ne puisse profiter au cours de sa scolarité d'un apport égal des enseignements dispensés par les maîtres-ses spécialistes, pour chaque discipline. On doit également se demander pourquoi les MS devraient entrer dans le calcul du taux d'encadrement. Car, ne nous trompons pas, si des écoles ne voient jamais tel ou telle MS pour telle discipline, ce n'est pas parce que d'autres écoles ont des besoins accrus dans cette matière, mais bien parce que le nombre de postes MS n'a scandaleusement pas augmenté ces dernières années, malgré un effectif total d'élèves toujours en croissance. D'ailleurs, l'idée que des élèves auraient plus ou moins besoin d'un enseignement, par exemple artistique, en fonction de leur provenance d'un milieu aisé ou pas me semble assez saugrenue. Présenter le travail des MS en terme de force supplémentaire me paraît dévalorisant en regard de la mission, indispensable, qui est la leur. La méthode Robin des Bois date… Le taux d'encadrement, gagné de haute lutte, constituait sûrement un acquis satisfaisant à son début, mais nous voyons maintenant qu'il a atteint ses limites et que l'exercice n'est plus convaincant, qu'il doit être revu. De même en ce qui concerne la discrimination positive qui, telle qu'elle est pratiquée actuellement, donne surtout l'image d'un prélèvement d'un côté, et d'un apport nul de l'autre, alors qu'au contraire, l'idée de base, primordiale, est de n'enlever rien à personne! Préserver les postes d'abord, mieux les gérer ensuite! Il est donc impératif de revoir tout cela et nous sommes conscients que ce n'est pas sans danger. Il n'y a qu'à voir comment, en France, Ferry entend supprimer nombre de postes d'enseignants dans la capitale - bien évidemment sans les redistribuer ailleurs! - parce que les écoles parisiennes seraient surdotées par rapport à la province… Les écoles doivent pouvoir mieux gérer à l'interne les moyens mis à leur disposition mais, surtout, le mode de calcul des forces attribuées à chaque école, pour qu'il soit compris, doit être équitable et transparent. Nous avons l'intention de travailler toutes ces questions avec la Direction afin de déboucher sur une situation plus claire, plus juste. Alors, si vous avez des suggestions… |