Billet du président Olivier Baud - Genève Si la période de transition, due au passage de la formation initiale des EPEP à l'Université, n'a jamais coulé de source, les problèmes auxquels nous nous trouvons encore confrontés aujourd'hui laissent songeurs.Suppléants, han, han! CRRS,
Encadrement Il serait illusoire de vouloir empoigner tout ce qui a trait à la formation initiale des enseignants. Aussi je me contenterai d'aborder une question primordiale pour nous, association professionnelle: l'accueil, la formation complémentaire et l'évaluation de nos collègues nouvellement engagés. Les EPEP terminées, la nomination intervenait après une année, alors que maintenant il faut attendre (pour la stabilisation aussi) trois ans. Ce qui fait qu'actuellement plus de 400 personnes sont en train d'être évaluées. Entre les chargés d'enseignement, les suppléants licenciés autres titres et les brevetés d'autres cantons, il n'est pas évident de s'y retrouver et de mesurer ce qui pourrait être attendu de chacun. Pourtant ce phénomène, par la force des choses, touche pratiquement toutes les écoles genevoises. En caricaturant, il y a d'une part les collègues qui relèvent la surcharge de travail, réelle, occasionnée par la prise en charge des collègues débutants et, d'autre part, les suppléants qui ne se retrouvent pas dans les 340 h. de formation complémentaire qui leur sont imposées, et qui rejoignent les chargés d'enseignement pour dire leur incompréhension devant les lourdes tâches de planification qui leur sont demandées, les pratiques divergentes des inspecteurs, bref le sentiment très désagréable de ne pas savoir à quelle sauce ils seront mangés.
Ecoles, lieux de formation
Alors qu'une procédure de nomination étalée sur 3 ans est le lot de tout fonctionnaire, il est aberrant de constater que l'institution n'a pas réussi à se doter d'un dispositif capable d'attester si les compétences et les prestations attendues de la fonction existent ou non. Dans un sens comme dans l'autre, nous ne pouvons pas cautionner une évaluation qui laisse planer le doute, et qui peut ainsi confirmer ou évincer à tort. En admettant que les inspecteurs n'aient pas les moyens de conduire une véritable évaluation (les visites en classe restent peu probantes), qui serait à même de la compléter? Si la décision revient à l'autorité hiérarchique, nous devons aussi faire reconnaître les établissements scolaires comme des lieux de formation et, en cohérence avec cette affirmation, réclamer les moyens nécessaires, notamment si nous entrons en matière sur l'instauration de maîtres mentors. Pour autant qu'on arrive à la dissocier du rôle de RE et que le temps et la formation soient mis à disposition, cette nouvelle fonction pourrait être intéressante
à voir.
Transition encore
Du côté de la formation complémentaire, nous avons bon espoir dans le master professionnel (formation en emploi) qui doit se mettre en place à l'Université pour la rentrée 2004. Mais comme le service de la formation continue va être réorganisé en parallèle, nous aurons fort à faire pour que ce ne soit pas les suppléants qui en fassent les frais! Et qu'ils ne se retrouvent pas sous la coupe d'un CRRS* désorienté
Pour conclure sur ces questions complexes que je n'ai fait qu'effleurer, cette remarque que j'aurais peut-être dû vous servir en préambule: avec autant de diversité, les acteurs du système assurent, somme toute, une bonne cohérence et c'est peut-être cela qui devrait nous offrir, plus que les dysfonctionnements, matière à réflexion! *Conseil des responsables et répondants de service
|