C'est qui le chef qui commande ? On le pressentait. À force de louvoyer autour de l'encadrement des maîtres, les directions et la DGEO voient dorénavant affluer des interventions de parents qui mettent en cause le bien-fondé du travail mené en classe. Ou attaquent les approches éducatives des collègues.
Que les familles s'interrogent sur ce qui se déroule dans la classe et autour de l'école, qu'elles questionnent, partagent des soucis communs, qu'elles s'impliquent dans les démarches, interrogent les structures de l'établissement ou formulent des demandes de prise en compte des difficultés spécifiques de leur enfant
quoi de plus normal ! Là où le bât blesse, c'est que, de par l'impéritie de la régulation interne à l'établissement - on ne parle même plus de contrôle externe, que, dans ce canton, on estime inutile
-, les collègues ne reçoivent que rarement une quittance distanciée du travail accompli. Aussi, quand leur professionnalisme est mis en cause, les maîtres-ses n'ont guère d'éléments à faire valoir. Car, nous sommes d'abord des employé-e-s de l'Etat. Dont certains pouvoirs, par délégation, sont conférés aux directeurs d'établissement . C'est à ces seuls " patrons " qu'en première instance, nous avons à rendre compte de l'accomplissement de nos charges professionnelles. Si ce patron laisse les collègues travailler " en roue libre ", c'est à lui d'en porter la responsabilité. Son devoir est d'être en première ligne. C'est pourquoi, tant que la question de l'accompagnement et de la régulation de l'action pédagogique et éducative des collègues ne sera pas résolue, la SPV s'attachera à " défendre " les maîtres contre des attaques disproportionnées ou mensongères, basées sur des " on-dit " et des analyses non pertinentes. Notre secrétariat général sera particulièrement attentif au fait que les procédures soient suivies à la lettre. Certes, nous ne soutiendrons pas les indéfendables et savons faire la différence entre le " mobbing " parental et la juste revendication que peut porter un citoyen au bénéfice de services assumés et assurés par les agents d'une institution étatique. Mais, nous partons d'un à priori : les enseignants vaudois dans leur immense majorité sont respectables. Ils méritent dès lors le respect. De l'autorité, nous attendons qu'elle fasse preuve de discernement et ne s'engage pas dans des procédures inquisitrices, appuyées sur des témoignages de deuxième main. Nous demandons aussi que cette autorité évite de mettre les enseignants en difficulté sous une pression qui les empêche de se (re)construire. En tout état de cause et en l'absence de preuve du " délit ", nos collègues doivent être mis au bénéfice du doute ! Jacques Daniélou |