Billet de la présidente Marie-Claire Tabin Avec Pisa, faut qu'ça change !Nous l'avons tous lu, les médias l'ont suffisamment annoncé depuis le 4 décembre : le système éducatif suisse n'est pas une forteresse inattaquable ; des faiblesses ont été diagnostiquées par l'évaluation internationale PISA . L'école confédérale ne réussit pas à se hisser aux rangs des pays les plus performants en lecture, en mathématique et en sciences. La scolarité obligatoire, visiblement, n'offre pas au plus grand nombre le savoir et les compétences indispensables pour vivre dans ce monde qui les attend. L'inégalité des conditions d'apprentissage persiste et les élèves qui en souffrent obtiennent le plus souvent des résultats inférieurs à ceux dont ils seraient capables. Et pourtant, nous aurions tous parié à mille contre un que nous étions les meilleurs. Des flèches empoisonnées atteignent nos convictions d'autosatisfaction. Les résultats mitigés de cette évaluation internationale provoquent des remous au sein des instances de la formation. Faut qu'ça change ! s'écrient en chur les directeurs cantonaux de l'instruction publique. Dans la série " Y a-t-il un pilotage du système de formation en Suisse ? ", nous assistons en grande première à la parution de l'inaugurale brochure de la CDIP et de l'OFS " Préparés pour la vie ? ". Les directeurs cantonaux de l'instruction publique ont pour projet d'étudier en profondeur des thèmes importants pour notre politique de l'éducation afin de pouvoir en tirer des mesures concrètes. Rien à dire sur l'idée. Toutefois, ce qui nous préoccupe, c'est la manière dont va s'organiser l'étude. Pourquoi tant de méfiance à l'égard d'une initiative à première vue louable et soutenue jusqu'ici par le SER? Parce que l'expérience nous l'a maintes fois démontré, le défi que veut relever la CDIP de réagir en terme de " Conférence " nous paraît très prétentieux. En effet, comment croire que la gestion d'une succession de cantons, d'un amalgame d'intérêts aboutisse un jour à une réelle prise de responsabilité collective ? Quand bien même cela se réaliserait, il faudrait compter avec le dernier des Mohicans qui n' adhérerait pas au consensus final et qui maintiendrait son veto local. Et puis parlons des risques à prendre lors d'une telle entreprise ! La première audace à tenter consiste à sortir du palais étatique institutionnel à la rencontre d'autres regards, d'autres avis sur la question, ceux des enseignants, par exemple. Au niveau suisse le pas a été franchi, les associations professionnelles LCH et SER ont été invitées à prendre connaissance des résultats et à s'exprimer publiquement. Du côté romand, l'esprit d'ouverture n'est pas aussi naturellement au rendez-vous. Fin décembre, le SER apprenait que la Présidente de la CIIP SR+Ti excluait tout simplement le SER de la conférence de presse qui aura lieu le 31 janvier à Genève lors de la présentation des résultats romands. Fallait-il comprendre par là que les ministres de l'éducation romande voulaient reconstruire l'image de la formation tout seuls dans leur tour d'ivoire ? Partenaire jusqu'ici du consortium romand, le syndicat devenait soudainement gênant, indésirable ? Heureusement, une réaction vigoureuse du SER a pu faire lever l'équivoque, jusqu'à quand ? Faut qu'ça change !
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