Vaud, rentrée difficile!
Vaud - 25/12/2001

Spumante!

Jacques Daniélou

Les fenêtres graffitées de blanc où s'agitent rennes, bergers et flocons, les santons ressortis des cartons de la cave, l'odeur de la cannelle, de l'anis étoilé, un calendrier de l'Avent que des curieux espiègles ont ouvert au 24 - alors que nous ne sommes que le 20 -, les biscuits, les bougies, la nostalgie peut-être… Ressourçons-nous, collègues, le printemps sera chaud!

Ainsi, la trêve de Noël nous laisse un peu de répit.


Le Grand Conseil, selon toute vraisemblance, a suivi les déterminations de la Commission des finances et repoussé la énième proposition hasardeuse d'un ministre en partance. Pour autant, il serait extrêmement imprudent de se reposer sur ce que d'aucuns ne manqueront pas de qualifier de victoire, alors que bon nombre de brevetés continueront de dénoncer, avec amertume, la reconduction des inéquités.
Sous le sapin, c'est bien un florilège de cadeaux - empoisonnés - dont on attend le grand déballage. Gardons-nous donc de nous laisser éblouir par les papiers dorés, enrobés de trompeurs rubans de bolduc, fussent-ils rutilants et charmeurs! La rentrée sera rude, qui verra se succéder les écueils et les entourloupes.

Dès janvier, nous entrerons dans une zone de flottement, inhérente à la proximité de la campagne électorale cantonale de mars. Nous devrons alors nous positionner. Nous ne manquerons pas de rappeler qui sont celles et ceux qui, inlassablement, font de l'école et des enseignants leurs cibles privilégiées. Et de répondre aussi à la question qui tue: devons-nous miser sur la stabilité ou privilégier une approche "coup de sac" et envisager, voire soutenir, un renouveau à la tête du DFJ. Pour notre part, si nous avons parfois manifesté quelque agacement au manque d'effet d'entraînement qu'eût pu initier la Cheffe du département, les remous que provoquerait son départ nous semblent, aujourd'hui, comporter un trop large empan d'incertitudes. On a assez dénoncé les changements incessants, les ordres et contre-ordres, pour tenter le Diable par la promotion volontaire d'une nouvelle déstabilisation aux effets non maîtrisés.

Une rentrée extrêmement chargée

Si nous ne pouvons ignorer le paysage "politico-politique", nous devons néanmoins garder nos forces intactes pour des combats plus sectoriels et ciblés.
Les postulats Rapaz et Rapin (alignement du temps de travail des licenciés sur celui des brevetés - encore une fois - d'une part et, d'autre part, proposition de ramener à trente périodes le pensum des élèves du CYT) seront traités par le Grand Conseil au début de l'année 2002. On mesure que le feu à peine éteint risque bien de renaître, avec plus de force et de rage peut-être.
L'Arlésienne fait bien pâle figure, en regard de l'entrée en vigueur des futures nouvelles lois sur le personnel de l'Etat et la Caisse de pensions. De par les retards pris par la commission et en plénum, ainsi que les incertitudes liées au lancement des référendums contre ces deux textes, tout porte à croire que rien ne verra le jour avant le mois de janvier 2003! Chacun jugera des acquis et des reculs que proposent ces nouvelles lois. Rappelons néanmoins que le pari de l'opération financièrement neutre reste d'actualité en regard de la poussée de certains partis aux dernières élections communales. Si le paquet LPERS et LCPEV tombe à l'eau, un futur Grand Conseil fort d'une droite dure renforcée ne saurait se contenter de l'actuel statut. Aurions-nous les forces alors pour combattre leurs projets. Nous aimerions y croire, mais, est-ce dû au temps gris, tout cela semble extrêmement hasardeux.
Dans ce cadre, nous devrons encore nous positionner face au vote populaire qui doit accepter ou refuser l'abrogation de l'article 63 de l'actuelle Constitution (suppression de la nomination). Force est de constater que l'accord FSF-Conseil d'Etat a été éborgné. Il nous semble, dès lors, que la SPV peut se sentir libre.
Enfin, à la rentrée, nous reprendrons vraisemblablement la deuxième phase de négociations sur l'application au secteur de l'enseignement de la nouvelle loi sur le personnel. Ces négociations sont actuellement rompues, suite aux propositions du Conseil d'Etat sur le temps d'enseignement des licenciés et spécialistes. Nous avons subordonné la reprise du dialogue à une déclaration d'intention forte de la part de la délégation du gouvernement. Nous ne reprendrons langue qu'à la condition de clarifier l'espace de discussions. Notamment par l'intégration de nos revendications en ce qui concerne le temps d'enseignement et le salaire des maîtresses et maîtres brevetés. Sur ce point, le comité est prêt à assumer ses responsabilités.
C'est donc bien une rentrée de janvier explosive que nous risquons de vivre.
Nous l'avons dit sur les marches du Château cantonal, lors de la manifestation du 4 octobre. Il s'agit de dépasser la question de savoir ce que fait la SPV pour l'école et les maîtres, et chacun doit aussi être prêt à répondre s'il se demande - ou si on lui demande - ce qu'il est prêt à faire pour l'école, ses collègues et son association.

 
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