Salaires, l'Etat fait un pas...
Neuchâtel - 02/09/2001

Revendications salariales : l'Etat fait un pas en direction des syndicats

 

Pierre-Alain Favre

La fin de l'année scolaire 2000/2001 s'est révélée plutôt mouvementée, tant pour les associations du personnel de l'Etat de Neuchâtel que pour les autorités cantonales : assemblées générales, rencontres, manifestation de protestation dans la rue, menaces de grève … Les citoyens ont en effet assisté à un spectaculaire match de tennis entre les deux parties, lequel s'est soldé sur un résultat peu satisfaisant pour les premières citées. A leurs revendications salariales (une augmentation linéaire de 5%), les secondes n'ont répondu que très timidement.
Avec un peu de recul, on se serait quasiment cru transporté il y a quelque deux ans en arrière au moment de la décision du Conseil d'Etat d'introduire le salaire au mérite dans la fonction publique.
Nouvelle responsable du Département des finances et des affaires sociales, la libérale-PPN Sylvie Perrinjaquet a directement été mise au parfum dès son entrée en fonction, pressée par les syndicats pour prendre de rapides décisions avant l'établissement du budget 2002 qui sera voté en novembre 2001. Dans un premier temps, la conseillère d'Etat a enregistré les revendications, tout en notant son obligation de s'en référer à ses autres collègues.
Proposition minimaliste
Résultat des courses, c'est le 14 juin que le Conseil d'Etat a rendu public sa contre-proposition : oui à une augmentation, mais de 4%, et étendue sur une durée de 4 ans selon une progression encore à négocier (du genre 1% la première année, 1% supplémentaire la suivante, voire plus, voire moins, etc.). Cette proposition a été jugée comme minimaliste par les syndicats, et la rencontre du 20 juin avec Sylvie Perrinjaquet n'y a rien changé. Cela a abouti à une logique réaction des lésés, à savoir une manifestation publique le 25 juin, accompagnée d'une menace de grève en cas de non-entrée en matière. Séance de la dernière chance le 2 juillet, un accord a été trouvé. Le hic, c'est qu'il a été loin de satisfaire la fonction publique.
Accord peu satisfaisant
En clair, le Conseil d'Etat a accepté une hausse de 4% étalée sur 3 ans : 2% en 2002 et 1% en 2003 puis en 2004. Parmi les autres revendications, il y avait cinq jours de vacances supplémentaires (pas pour les enseignants). Décision : deux demi-jours de congés officiels, qui s'ajoutent à deux jours de vacances supplémentaires. Il y avait enfin la possibilité de prendre une retraite anticipée à 58 ans. Réponse de l'autorité : niet ! Mais adaptation de l'indemnité kilométrique et du montant de l'allocation complémentaire pour enfant. Déjà mieux que rien … A lire la presse locale, les représentants des syndicats et associations du personnel ont qualifié cet accord de " cessez-le-feu et de compromis à l'appenzelloise ". Toutefois, deux fronts ont été ouverts. Il s'agira de les développer pour mieux rebondir.


 
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