RETOUR A LEXPEDITEUR Marie-Claire Tabin Présidente du SER On le sait, depuis deux ans, la Conférence Intercantonale de lInstruction Publique de la Suisse Romande et du Tessin (CIIP) réorganise ses structures. La production des moyens denseignement romands na pas échappé au toilettage programmé. «
la CIIP a considéré quil lui revenait de formuler explicitement les axes de la politique de collaboration intercantonale quelle entendait suivre en cette matière pour les prochaines années.
». Avant darrêter une décision, linstance romande a souhaité recueillir lavis de ses partenaires les plus directement concernés en leur soumettant en consultation un projet de cinq thèses(1). Le SER na pas pu approuver le concept tel que proposé et a fait connaître son point de vue au secrétariat de la CIIP. Lidée générale du document lui paraît plus relever du souci de raccourcir les chemins de décisions plutôt que de poser clairement le cadre dune réelle politique de collaboration intercantonale. Si le SER partage les fondements qui justifient une harmonisation, approuve la plupart des principes énoncés qui devraient fonder lentreprise romande, il nen demeure pas moins quune clarification de certains points reste incontournable. Comment, par exemple, la Conférence se donnera-t-elle « les moyens de représenter lensemble du marché scolaire » ? Si lEcole romande réclame un nouveau moyen denseignement, les cantons sont-ils tous prêts à sengager et surtout à respecter leur engagement jusquau bout de la chaîne ? Un débat de fond qui dépasse les seules question de lédition privée ou romande, des principes de mise en uvre, de la question des coûts devrait avoir lieu au sein de la CIIP. Les Chefs romands de lInstruction Publique sont appelés à dépasser le stade du cantonalisme, à faire fi des susceptibilités locales et à sinscrire dans un processus politique qui vise lunité romande. Il nest plus temps pour eux de se replier derrière des textes de règlement suffisamment vagues qui disent tout et à la fois son contraire. La production de moyens denseignement romands a toujours été reconnue par les associations denseignants comme un élément essentiel de la coordination. Corome(2) doit poursuivre son rôle de coordinateur. Lapprentissage exige des supports didactiques de natures diverses. Les praticiens et les élèves romands en ont besoin. Les formes de production peuvent varier. Ce qui importe, cest que les moyens demeurent des outils au service des objectifs de lenseignement et des finalités éducatives. Dans sa forme actuelle, le projet de règlement apparaît confus, intégrant et mêlant à la fois des principes politiques et des décisions de mise en uvre. Le SER propose de remettre louvrage sur le métier pour trouver les formules explicites souhaitées et rendre plus visibles les réelles intentions de la CIIP. (1) Voir le résumé de ces thèses ci-après. Les documents complets peuvent être obtenus au Secrétariat du SER. (2) Commission Romande des Moyens denseignement __________________________________________________________________________________________ Les moyens d'enseignement dans la tempête Le Secrétariat général de la CIIP a mis en consultation les thèses censées définir la politique de la Conférence dans le domaine des moyens d'enseignement. Cinq thèses générales sont proposées : - la première définit les raisons d'une collaboration intercantonale, tout en ajoutant les supports didactiques informatisés à la panoplie des moyens d'enseignement;
- la deuxième thèse indique le cadre dans lequel les moyens doivent être étudiés, plus précisément en fonction du PECARO en gestation. Cette thèse précise également que les moyens ne peuvent remplacer une bonne formation des enseignants et que l'on peut recourir à des moyens existants, à condition qu'ils disposent d'un "label" confirmant leur intérêt et leur qualité;
- la troisième thèse arrête le champ des priorités : les moyens se limitent en principe au français, aux mathématiques et aux langues étrangères, dans le cadre de l'école obligatoire;
- la quatrième thèse définit les instruments d'application : groupes chargés de l'analyse des besoins et de la conception d'ensemble séparés de l'instance de réalisation. Le Secrétariat général garde la haute main sur ces opérations. L'instance de réalisation est une structure de droit privé;
- enfin, la cinquième thèse décrit les modes de financement des moyens d'enseignement. Les coûts sont de toute manière reportés sur le prix de vente des moyens.
Difficile, au vu de ces thèses, de savoir précisément le chemin qui sera adopté pour l'élaboration des nouveaux moyens. Va-t-on se contenter de puiser dans le réservoir des productions commerciales en désignant vite fait celes qui paraissent utilisables et pas trop chères ? On est en tout état de cause loin des démarches certes complexes et sans doute coûteuses qui permettaient de construire, sur la base des besoins réels du terrain et avec les expertises nécessaires, des moyens adaptés au contexte de nos classes. Résumé : C. Cretton |