Conférence de presse du SER
Le SER - 30/10/2000

SER /LCH

NE PAS SE VOILER LA FACE

 

 

A propos des langues étrangères à l’école obligatoire :
appel à la raison et à la démocratie

 

 

Les associations suisses d’enseignants sont tout aussi désireuses que la CDIP et les autorités scolaires de réorienter l’enseignement des langues en fonction de l’évolution des sociétés. Elles sont en revanche consternées de la légèreté avec laquelle la CDIP s’oriente vers des décisions superficielles sur des orientations d’une immense portée politique et pédagogique.

Elles déplorent le fait que la CDIP paraisse vouloir se déterminer sans concertation avec les professionnels et les associations de parents, sans consultation des parlements, sans coordination avec les révisions globales des plans d’études, sans souci des effets sur les inégalités devant l’école, sans étude sérieuse de la faisabilité et de l’efficacité des méthodes actuelles d’enseignement des langues étrangères.

Elles regrettent aussi la dissociation entre l’apprentissage des langues et l’ouverture à la diversité des cultures, qui exigerait des approches pédagogiques plus larges.

Les associations suisses d’enseignants demandent donc à la CDIP de surseoir à toute option prématurée et de prendre plutôt des mesures pour traiter le problème de façon responsable, sans céder aux effets de mode, aux pressions de certains cantons ou à la pression d’une fraction des parents dont les enfants réussissent facilement à l’école et ne se préoccupent guère des autres élèves.

Les associations suisses d’enseignants souhaitent une position concertée et démocratiquement ancrée dans les diverses régions du pays. Elles refusent des choix nationaux qui se feraient au mépris des différences linguistiques et économiques entre régions.

C’est pourquoi LCH et le SER proposent des analyses un peu différentes, mais fortement complémentaires, des conditions et des obstacles. LCH et SER souscrivent entièrement, l’une et l’autre, aux mises en garde faites par la commission " Formation générale " de la CDIP et invitent la Conférence à en tenir le plus grand compte.

Prise de position des Enseignantes et des Enseignants de Suisse romande – SER- sur l’enseignement des langues

 

A propos de l’enseignement des langues, au-delà de la position commune SER &LCH et tout en rejoignant les analyses du LCH sur de nombreux points, le SER défend en outre les positions qui suivent :

1. Accord sur le principe de viser la maîtrise des bases de trois langues (langue locale + deux autres langues) à la fin de la scolarité obligatoire.

2. Exigence de ne pas dissocier l’enseignement des langues d’une approche interculturelle et d’autres composantes de l’ouverture à des cultures diverses grâce à l’école.

3. Exigence de ne pas séparer la question des langues du réexamen de l’ensemble du curriculum et de la question des disciplines et de leurs articulations et complémentarités.

4. Désaccord sur toute option limitant ces langues à l’autre langue nationale et à l’anglais, pour tenir compte de la réalité des langues maternelles des élèves et de la construction européenne.

5. Exigence que toute modification du curriculum de l’école obligatoire dans le domaine des langues respecte les conditions suivantes :

A. Une vaste et véritable consultation de tous les milieux intéressés, portant sur le principe de trois langues, le choix des langues secondes, les niveaux de maîtrise visés en fin de primaire et en fin d’enseignement obligatoire, les raisons d’enseigner et d’apprendre les langues, l’articulation claire de l’éducation interculturelle, des objectifs d’ouverture aux langues (attitude, intérêt) et des objectifs de maîtrise, la part de choix laissée aux familles.

B. Des options romandes, prises au niveau des parlements, sans alignement automatique sur la Susse alémanique, en raison des différences entre régions, qu’elles soient économiques, culturelles ou liées à l’immigration.

C. Une analyse précise des conditions de faisabilité en termes de formation des enseignants, de grilles horaires, de moyens d’enseignement et de coûts directs et indirects.

D. Une totale intégration au projet PECARO (calendrier et orientations curriculaires).

E. Une prise en compte sérieuse des recherches sur l’efficacité de l’enseignement des langues secondes, notamment à l’école primaire et des expériences des cantons qui se sont déjà engagés dans cette voie.

F. Le choix de modes d’évaluation des acquis cohérents avec les objectifs et qui ne renforcent pas la sélection et la discrimination sociale ou scolaire.

G. Une étude approfondie, du point de vue de la démocratisation des études, des conséquences d’un enseignement renforcé des langues sur les autres disciplines, en particulier pour les élèves déjà en difficultés scolaires et pour ceux dont le français n’est pas la langue première.

H. Une synthèse des connaissances disponibles sur l’influence des connaissances linguistiques sur la mobilité de la population active et l’inégalité des chances de promotion dans le secteur privé et public en Suisse et en Europe.

 
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Le Livre blanc a été élaboré par le Comité du SER, analysé par chacune des associations et utilisé au 42ème congrès. Pour le télécharger, claiquer ici.

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Les vidéos du 2 septembre
Pour revivre la première journée suisse de l'éducation qui a eu lieu le 2 sept, quand LCH et le SER ont rencontré les acteurs de la politique de l’enseignement, les partis nationaux, les responsables cantonaux en charge de l'éducation et d’autres spécialistes.

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