SER /LCH NE PAS SE VOILER LA FACE A propos des langues étrangères à lécole obligatoire : appel à la raison et à la démocratie Les associations suisses denseignants sont tout aussi désireuses que la CDIP et les autorités scolaires de réorienter lenseignement des langues en fonction de lévolution des sociétés. Elles sont en revanche consternées de la légèreté avec laquelle la CDIP soriente vers des décisions superficielles sur des orientations dune immense portée politique et pédagogique. Elles déplorent le fait que la CDIP paraisse vouloir se déterminer sans concertation avec les professionnels et les associations de parents, sans consultation des parlements, sans coordination avec les révisions globales des plans détudes, sans souci des effets sur les inégalités devant lécole, sans étude sérieuse de la faisabilité et de lefficacité des méthodes actuelles denseignement des langues étrangères. Elles regrettent aussi la dissociation entre lapprentissage des langues et louverture à la diversité des cultures, qui exigerait des approches pédagogiques plus larges. Les associations suisses denseignants demandent donc à la CDIP de surseoir à toute option prématurée et de prendre plutôt des mesures pour traiter le problème de façon responsable, sans céder aux effets de mode, aux pressions de certains cantons ou à la pression dune fraction des parents dont les enfants réussissent facilement à lécole et ne se préoccupent guère des autres élèves. Les associations suisses denseignants souhaitent une position concertée et démocratiquement ancrée dans les diverses régions du pays. Elles refusent des choix nationaux qui se feraient au mépris des différences linguistiques et économiques entre régions. Cest pourquoi LCH et le SER proposent des analyses un peu différentes, mais fortement complémentaires, des conditions et des obstacles. LCH et SER souscrivent entièrement, lune et lautre, aux mises en garde faites par la commission " Formation générale " de la CDIP et invitent la Conférence à en tenir le plus grand compte. Prise de position des Enseignantes et des Enseignants de Suisse romande SER- sur lenseignement des langues A propos de lenseignement des langues, au-delà de la position commune SER &LCH et tout en rejoignant les analyses du LCH sur de nombreux points, le SER défend en outre les positions qui suivent : 1. Accord sur le principe de viser la maîtrise des bases de trois langues (langue locale + deux autres langues) à la fin de la scolarité obligatoire. 2. Exigence de ne pas dissocier lenseignement des langues dune approche interculturelle et dautres composantes de louverture à des cultures diverses grâce à lécole. 3. Exigence de ne pas séparer la question des langues du réexamen de lensemble du curriculum et de la question des disciplines et de leurs articulations et complémentarités. 4. Désaccord sur toute option limitant ces langues à lautre langue nationale et à langlais, pour tenir compte de la réalité des langues maternelles des élèves et de la construction européenne. 5. Exigence que toute modification du curriculum de lécole obligatoire dans le domaine des langues respecte les conditions suivantes : A. Une vaste et véritable consultation de tous les milieux intéressés, portant sur le principe de trois langues, le choix des langues secondes, les niveaux de maîtrise visés en fin de primaire et en fin denseignement obligatoire, les raisons denseigner et dapprendre les langues, larticulation claire de léducation interculturelle, des objectifs douverture aux langues (attitude, intérêt) et des objectifs de maîtrise, la part de choix laissée aux familles. B. Des options romandes, prises au niveau des parlements, sans alignement automatique sur la Susse alémanique, en raison des différences entre régions, quelles soient économiques, culturelles ou liées à limmigration. C. Une analyse précise des conditions de faisabilité en termes de formation des enseignants, de grilles horaires, de moyens denseignement et de coûts directs et indirects. D. Une totale intégration au projet PECARO (calendrier et orientations curriculaires). E. Une prise en compte sérieuse des recherches sur lefficacité de lenseignement des langues secondes, notamment à lécole primaire et des expériences des cantons qui se sont déjà engagés dans cette voie. F. Le choix de modes dévaluation des acquis cohérents avec les objectifs et qui ne renforcent pas la sélection et la discrimination sociale ou scolaire. G. Une étude approfondie, du point de vue de la démocratisation des études, des conséquences dun enseignement renforcé des langues sur les autres disciplines, en particulier pour les élèves déjà en difficultés scolaires et pour ceux dont le français nest pas la langue première. H. Une synthèse des connaissances disponibles sur linfluence des connaissances linguistiques sur la mobilité de la population active et linégalité des chances de promotion dans le secteur privé et public en Suisse et en Europe. |