Educateur 11/2000 Publicité dans les écoles: qui va gagner ? Marie-Claire Tabin Filofax, Organiser, Temporel et compagnie peuvent trembler. Sur le marché des agendas vient de paraître le petit dernier "made in Wallis". Public-cible: les écoliers et les étudiants du canton. Valimage s'occupe du bien-être des élèves en leur offrant un outil créé tout particulièrement à leur intention. Du fait main, quoi, genre haute couture! Adieu Pocahontas, Mix et Remix, Titeuf et les autres. Votre heure de gloire prend fin. Le concurrent, lui, est d'une autre trempe. Il a réussi à séduire les responsables de l'Education valaisanne qui lui ouvrent tout grand les portes de l'école publique. Il faut dire que la générosité du groupe d'initiative a eu tôt fait de les convaincre. L'agenda est distribué gratuitement et en plus, comme à la bourse, il peut vous faire gagner de l'argent. D'abord, vous ne payez rien pour l'obtenir, ensuite on vous offre des bons d'achats, on vous confirme des rabais possibles dans différents commerces valaisans et enfin, on vous gratifie de quelques pages de savoirs encore ignorés jusque là. Le calendrier chinois, certaines formules d'algèbre et de géométrie manquaient probablement dans les programmes scolaires romands. Ouf ! Ce n'est plus qu'un mauvais souvenir, l'erreur est réparée par l'intervention du privé et la sonnette d'alarme est tirée. Le Valais a montré l'exemple. L'école est là pour gagner et faire gagner. Au cur de la Coordination romande, cette distinction cantonaliste ne laisse pas sans inquiéter nombre d'enseignants romands. Et nous ne parlerons pas des parents qui n'ont pas plus été consultés que les praticiens du terrain. Pas de quoi s'affoler semblent préciser les responsables du Département valaisan de l'Education de la Culture et des Sports. Les publicités insérées dans ce journal de planification ne vantent ni l'alcool, ni la cigarette. Encore heureux ! Si quelque chose peut rassurer les enseignants romands, ce n'est pas l'absence de pub pour des produits nocifs, mais bien l'unanimité des autres Romands à refuser l'idée de réaliser un tel projet dans leur canton respectif. Les déclarations de ces derniers parues dans Le Temps du 28 août étaient claires. Si le Valais a décidé, comme l'indique le titre du journal, de porter la question de la publicité dans les écoles sur la place publique, il aurait pu s'abstenir de prendre des décisions téméraires avant de connaître les avis des gens concernés et les résultats du débat. Ou alors, la notion de débat ne recouvre pas la même signification en Valais qu'ailleurs en Romandie? On peut espérer que non. |