Educateur 12/2000 DUN CAMP A LAUTRE M.-Claire Tabin Il y a peu, la conseillère dEtat Francine Jeanprêtre faisait appel à un de nos collègues du comité central SER pour piloter la réforme de lécole vaudoise âprement controversée. La situation qui senlisait devenait inconfortable pour le Département de la Formation et de la Jeunesse. Plutôt que de laisser se figer tout le processus de changement, Madame Jeanprêtre a su recourir à un conseiller susceptible de débloquer la situation. Il est vrai que dautres expériences en Romandie ont démontré la difficulté pour un projet daboutir si les partenaires concernés ne sont pas tous preneurs. Dernier exemple en date, le rejet par le peuple fribourgeois du projet de bilinguisme par immersion. La ministre vaudoise de léducation a assurément fait le bon choix. Emmener avec elle un responsable syndical qui connaît les revendications des opposants pour les avoir formulées lui offre une première garantie de réussite. Le SER se réjouit du fait que les élues et les élus politiques responsables de lécole romande sachent se mettre à lécoute des attentes réelles de la population quils ou quelles sont sensés représenter. Le SER se félicite de la reconnaissance des compétences de militants syndicaux pour co-piloter les systèmes scolaires. Qui mieux queux dailleurs connaît les tours et les détours quentraîne le changement et les résistances quil provoque chez les acteurs du terrain ? De la part des Départements, admettre que les personnes en charge de la vie syndicale reflètent les aspirations professionnelles, représente un pas de plus vers la co-construction de lentreprise-école et vers une reconnaissance implicite de laction du syndicat. Dans ce sens, engagé au service de la même cause, la qualité de la formation, le SER demande instamment à la Conférence Intercantonale de lInstruction Publique de valoriser et de renforcer son appui au Syndicat des Enseignants Romands. Faudra-t-il toujours attendre lurgence pour oser la collaboration ou ne pourrions-nous pas envisager des scenarii plus légers à vivre que celui que Philippe Martinet est appelé à gérer ? Car il faut bien le dire, le SER ne peut sempêcher de se demander comment Monsieur EVM saura servir un camp sans trahir lautre ? PS) En toute confiance, ses amis du comité central SER le savent capable de réaliser " limpossible " et lui souhaitent bon vent ! |