Le mois de décembre dans le Jura a été marqué par plusieurs événements concernant l'enseignement. Nous en avons retenu quelques-uns en particulier qui méritent que l'on s'y attarde dans les page suivantes et dans ce billet qui relate les échanges qui ont eu lieu entre le Département de la formation, de la culture et des sports (DFCS) et le Comité central du SEJ lors d’une séance consacrée à une réflexion sur trois thèmes. La présentation de cette rencontre avait fait l’objet du billet paru dans le numéro 10/2011 du 30 septembre. Comme il s’est agi essentiellement d’une réflexion commune sur trois sujets qui devront dans tous les cas être repris, nous nous limiterons à l’essentiel. Le premier thème touchait à l’organisation du conseil pédagogique, tant à l’école obligatoire qu’au secondaire II. Gabriel Cordelier, mandaté par le CEJEF pour élaborer un concept se basant sur les pratiques d’autres cantons, a présenté les premiers résultats de ses travaux. Outre la qualité de son projet, celui-ci a l’avantage de s’intéresser à un niveau d’enseignement qui ne connaît pas un système de conseil pédagogique aux enseignants clairement défini. Il n'est par conséquent pas influencé par une pratique pouvant être évaluée subjectivement. Il a mis l’accent sur le fait que le conseil pédagogique doit à la fois répondre aux besoins des enseignants souhaitant recourir à des conseils et à un soutien, et assurer le cas échéant des mandats des directions du CEJEF désirant évaluer la qualité de certains enseignements. Clairement, il est fondamental que ces deux aspects de la fonction soient séparés. Autrement, il existe le risque qu’un aspect prenne le pas sur l’autre, ou qu’une méfiance s’instaure à l’égard de la personne chargée de ce rôle que, objectivement ou subjectivement, ses interlocuteurs verront toujours avec une double casquette. Le même défaut est constaté au niveau de l’école obligatoire. Afin de soutenir et poursuivre les travaux portés par Gabriel Cordelier, une réflexion sur la fonction de conseil pédagogique sera menée dans un groupe réunissant des représentants du CEJEF, du SEN et du SEJ. L’idée étant que le concept final soit applicable dans sa plus grande partie à tous les niveaux d’enseignement. Le second thème abordé lors de cette séance de réflexion concerne la vision de l’école en tant qu’institution et service public. Le Comité central a dit s’inquiéter quant aux innombrables projets pilotes mis en place, non pas en raison des objectifs qu’ils visent à l’origine, mais en raison de l’absence quasi généralisée de bilans des expériences menées. Ceci fait que le provisoire dure avec le défaut principal de n’être proposé qu’à une minorité d’élèves dans le canton. C’est à ce moment-là que l’école ne joue plus son rôle d’institution et de service public offrant les mêmes prestations à tous les élèves. Sans partager entièrement le constat du SEJ, le DFCS, par le SEN essentiellement, a reconnu que l’étape du bilan, devant mener à une généralisation ou à un abandon d’une expérience, faisait parfois défaut. Un accent sera mis sur ce point pour les projets pilotes en cours ou devant démarrer prochainement. Nous ajouterons pour notre part, car c'est une réalité qu'il faut répéter, que cet engagement pourra être tenu si les ressources nécessaires sont mises à disposition des services en charge de l’enseignement et de la formation. Pour ce qui est du troisième thème consacré à la politique d’intégration d’élèves à besoins particuliers, le Comité central s’est fait le porte-parole de nombreux membres rencontrant de sérieuses difficultés dans le terrain. Du côté du DFCS, on n’a pas la même perception en raison de témoignages parlant d’expériences positives. Il a cependant été admis de part et d’autre qu’une meilleure définition des critères menant à une intégration, des devoirs et des droits de chaque partenaire, méritait d’être élaborée. Le SEJ rappellera cet engagement. Ce sujet est à ce point sensible que le Comité central a décidé de mettre sur pied un forum sur le thème de l’intégration scolaire à l’automne 2012. Nous y reviendrons lorsque les détails d’organisation seront connus. |